Académie d'agriculture de France

Question sur… l’irrigation agricole en France


Jean-Paul BONNET, membre de l'Académie d'agriculture de France le 06/08/2019 à 21:53
(©Académie d'agriculture de France)

(©Académie d'agriculture de France)

L'irrigation a été maîtrisée dès les premières sociétés humaines organisées. Actuellement, selon les chiffres de la FAO, les cultures irriguées occupent près de 20% des surfaces cultivées et assurent 35% de la production agricole mondiale. En France, la surface équipée pour l'irrigation est de l'ordre de 2 millions d'ha. Aussi, l'ensemble des prélèvements opérés par l'irrigation représente 1% de la pluviométrie sur le territoire.

L’irrigation contribue à la dynamique des territoires, car c’est un outil pour augmenter la valeur ajoutée et l’emploi dans les exploitations et les filières concernées.

Pourquoi irriguer?

L’irrigation est une réponse aux situations de stress hydrique, résultantes de trois facteurs :

  • la pluviométrie en terme de quantité, de répartition dans l’année et de régularité interannuelle,
  • la capacité de rétention en eau des sols, dans lesquels puisent les racines (faible dans les sols sablonneux des Landes par exemple ou dans les sols calcaire durs superficiels),
  • et les besoins spécifiques de chaque plante, en permettant d’ajuster précisément les quantités d’intrants nécessaires en réduisant les risques de lessivage et donc de pollution des eaux.

Installer l’irrigation est un investissement lourd qui relève d’une décision stratégique

Pour les exploitations, l’irrigation a souvent constitué au départ une condition pour démarrer une activité, voire pour s’installer ; mais aussi l’inscription dans une trajectoire de développement et de diversification, avec des investissements matériels et humains importants, et à la clef une meilleure durabilité. Elle est indispensable à ceux qui vendent au détail et doivent assurer l’approvisionnement continu de leur clientèle. Elle l’est également pour élargir l’éventail des cultures, pour le choix des rotations et des assolements. Elle s’est ainsi progressivement imposée en France, à des degrés divers, à la plupart des productions à forte valeur ajoutée, apportant régularité et qualité.

Pour quelles productions?

Seulement 9% des grandes cultures sont irriguées; mais parmi elles, certaines le sont de façon importante : le soja, le maïs et la pomme de terre, et plus particulièrement les semences et plants. (©Académie d’agriculture de France)

Comment est maîtrisé l’usage de l’eau?

L’usage de l’eau pour l’irrigation est très réglementé et suivi. Les aménagements sont soumis à des procédures très rigoureuses et lentes dont l’issue est souvent incertaine. Les forages dans les nappes et les prélèvements dans les cours d’eau sont également soumis à autorisation. D’autre part, la législation évolue de façon à passer d’une gestion au coup par coup, avec des restrictions en cours de campagne, à une gestion prévisionnelle, consistant à affecter aux irrigants des quotas d’eau en début de campagne, sur lesquels ils puissent compter pour prévoir l’assolement le mieux adapté.

Le réchauffement climatique ne fera qu’amplifier la demande d’irrigation, particulièrement dans les régions au sud de la France.

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