Académie d'agriculture de France

L’agriculture et la biodiversité en Europe : une longue histoire commune


Christian LEVÊQUE, membre de l'Académie d'Agriculture de France le 08/06/2021 à 16:45
(©Getty Images)

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Il est difficile d'échapper aux messages anxiogènes selon lesquels les activités humaines détruisent la biodiversité et mettent en danger l'avenir de la planète. Il est exact que les populations de certaines espèces sont en régression, mais les chiffres qui circulent sont souvent obtenus à partir d’observations sélectives et de moyennes globales, amalgamant des situations difficilement comparables. En réalité il y a des perdants, mais également des gagnants. On fait le point avec l'Académie d'agriculture de France.

L’érosion de la biodiversité n’est pas un phénomène universel, car il existe aussi des populations d’espèces en expansion, et le phénomène de spéciation (création de nouvelles espèces) est toujours en cours.

Si l’on veut agir sur l’érosion de la biodiversité, il ne faut pas se contenter de discours généraux, mais de bien identifier les espèces concernées, les causes de l’érosion, ainsi que la faisabilité des mesures de conservations proposées. Pour cela il faut recontextualiser les problèmes.

En Europe, la dynamique de la biodiversité est indissociable de l’évolution des pratiques agricoles. Ce que nous appelons nature est une co-construction de plusieurs millénaires entre l’agriculture et des processus biologiques spontanés, reconstituée depuis 10 000 ans, après l’épisode glaciaire qui fut à l’origine d’une érosion massive dans le Nord.

En réalité, la diversité biologique européenne est un melting-pot d’espèces qui ont recolonisé les territoires libérés par les glaces à partir de zones refuges méridionales, ou d’espèces provenant d’autres continents, introduites volontairement ou accidentellement en liaison avec la diffusion progressive de l’agriculture à partir du néolithique.

Actuellement, l’évolution des pratiques agricoles, les conséquences du réchauffement climatique et l’accroissement des échanges internationaux sont à l’origine d’un flux de nouvelles espèces et de l’érosion des populations d’espèces dites autochtones qui affectent des systèmes écologiques déjà maintes fois remaniés par les hommes.

La question est alors de savoir pourquoi et comment intervenir sur les changements en cours en fonction de nos attentes, de nos expériences passées, et du maintien des activités agricoles. À moins d’en rester à une vision fixiste de la nature, quel contenu donner dans ce contexte dynamique, aux politiques visant à protéger ou restaurer la biodiversité ?

Pour consulter la publication, téléchargez la 1ère et la 2nde partie ci-dessous.

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Retrouvez la 1ère partie de la publication ici : https://www.academie-agriculture.fr/sites/default/files/publications/encyclopedie/final_12.06.q01_agriculture_biodiversite_part_1.pdf