L’Agriculture de Conservation des Sols, vers plus d’agronomie


Alexis Peulson le 11/10/2018 à 16:44

Chaque semaine, Alexis Peulson vous fait part d'un fait marquant ou d'une expérience en exploitation agricole qu'il a vécue lors de son Tour de l'Agriculture Française, dont le Crédit Mutuel est partenaire. Cette semaine, il nous parle de sa rencontre avec l'APAD (Association pour la Promotion de l’Agriculture Durable).

(©Alexis Peulson)

J’ai continué ma route entre la Côte d’Or et l’Yonne. Cette semaine, j’ai rencontré plusieurs personnes du réseau APAD. Cette association a pour objectif de promouvoir l’ACS (Agriculture de Conservation des Sols).

L’ACS repose sur trois règles :

  • Le non travail du sol. On ne parle pas seulement de non labour, mais bien d’un non travail complet du sol, ni labour, ni déchaumage, rien !
  • Une couverture du sol permanente. Entre deux cultures, on sème toujours un couvert végétal pour permettre au sol de ne jamais être nu.
  • Une rotation culturale plus longue. Les agriculteurs en ACS cherchent à allonger leur rotations culturales, n’hésitant pas à cultiver de nouvelles espèces.

Le fil conducteur de ce type d’agriculture est d’avoir plus d’agronomie pour moins de chimie et de machines. Le travail du sol est assuré par les racines des différentes espèces du couvert. La protection des sols évite l’érosion hydrique alors que le non travail évite l’érosion éolienne. Le taux de matière organique des sols augmente. Les charges en intrants, que ce soit en fertilisation ou en phytosanitaire diminuent. Le fuel dépensé diminue aussi, d’environ 50%. Des économies sont logiquement réalisées sur les frais de mécanisation et les tracteurs utilisés sont moins puissants. Le sol est plus structuré et permet un meilleur stockage de l’eau.

L’ACS implique des investissements dans un nouveau semoir, quelques années d’expériences pour maitriser ce mode de production mais surtout de remettre en question tout son itinéraire cultural. Pour Damien, agriculteur en Côte d’Or, cela revient à reconsidérer complètement sa vision de l’agriculture, à ne plus lier « champs propre » avec un champ nu, travaillé. La clé de réussite reste pour lui le travail en équipe et la communication avec d’autres agriculteurs, notamment grâce à l’APAD. La grande problématique reste la dépendance de ce type d’agriculture au glyphosate. Ils ressentent une énorme incompréhension de leur mode de production de la part du grand public, ce qui les empêche de défendre l’intérêt du glyphosate dans leur itinéraire cultural.

Mais au final, pour les quatre agriculteurs que j’ai rencontrés, l’ACS assure des rendements comparables aux voisins. De plus, ils ont remarqué que l’ACS était plus adaptée aux impacts du dérèglement climatique comme ils ont pu le constater cette année.

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