Conjoncture agroéquipements

La hausse du moral des agriculteurs redonne le sourire aux fabricants


TNC le 26/10/2018 à 06:04
Massey Ferguson 8732 fabriqué à Beauvais dans l'Oise, l'un des fleurons de l'industrie française des agroéquipements qui retrouve le sourire (©Massey Ferguson)

Massey Ferguson 8732 fabriqué à Beauvais dans l'Oise, l'un des fleurons de l'industrie française des agroéquipements qui retrouve le sourire (©Massey Ferguson)

Dans une récente conférence de presse, Axema, le syndicat des industriels de l’agroéquipement a annoncé une reprise du marché au premier semestre 2018. Selon eux, cette remontée des ventes de matériels agricoles fait suite au moral en hausse des agriculteurs, statistique relevée par une enquête de la FNSEA. Cette reprise ne place toutefois pas tous les fabricants sur le même pied d’égalité avec des marges toujours basses et des inquiétudes sur le prix des matières premières. Le prix du matériel devrait également continuer à augmenter.

Avec des conditions climatiques difficiles, la production agricole est en baisse de volume cette année en France selon les chiffres d’Agreste. Les prix des matières premières agricoles sont eux plutôt à la hausse. La production en valeur en 2017 est, elle, à la hausse de 3,2 % selon l’Insee et le compte provisoire de l’agriculture publié en juillet dernier.  

Ces chiffres seraient, selon Axema, une explication à l’amélioration de la santé financière des exploitations depuis deux ans comme illustré dans le baromètre Ifop FNSEA de juin dernier. Dans la même ligne, une enquête auprès des adhérents de l’Axema montre que le moral des agriculteurs, perçu par les fabricants, est en hausse. En effet, selon cette source, 23 % des agriculteurs auraient un bon moral cette année contre seulement 4 % en 2016.

58 % des industriels estiment que leur chiffre d’affaires a progressé au premier semestre.

Ces différents éléments expliqueraient la hausse des ventes pour les constructeurs. Ils sont plus de la moitié d’entre eux à déclarer une reprise de leur chiffre d’affaires, avec une croissance plus importante à l’export. Dans cette enquête réalisée en septembre et octobre 2018, les fabricants sont également optimistes pour le second semestre 2018 avec des croissances du même ordre que pour le début de l’année.

Ce sont les matériels de fenaison, d’élevage et de transport qui progressent plus que les autres catégories de matériels. De l’autre coté du spectre, les matériels viticole et de travail du sol progressent moins que les autres.

Pour 2019, 58 % des industriels estiment une reprise de leurs chiffres d’affaires supérieure à 3 %. Ce signe, que la reprise est là, donne le sourire aux constructeurs.

Toutefois, ces bonnes nouvelles impliquent des difficultés de livraisons qui se traduisent sur le terrain par des délais plutôt longs avant l’arrivée de la nouvelle machine dans la cour. Une inquiétude subsiste chez les fabricants sur le taux de marge des agroéquipements qui est de 23 % alors que, dans l’ensemble de l’industrie manufacturière française, il est de 38 %. Cette différence est encore plus marquée pour les PME avec une marge de seulement 11 %.

Les prix vont continuer à progresser

« Depuis 2014, on constate une baisse des investissements en matériel agricole », explique Frédéric Martin, président d’Axema. « Après trois années de baisse, 2017 a été stable, 2018 amorce un retour dans le positif. Cependant, nous n’aurons jamais plus le niveau de 2013 qui a été une année record car les agriculteurs investissent de manière plus raisonnée. »

Ce redémarrage est particulier pour nous industriels car le prix des matières premières (acier, …) augmente de l’ordre de 10 % et pèse sur les marges. Un tiers des entreprises n’ont pas la capacité de production pour répondre aux demandes françaises mais aussi de l’export. Cela est souvent dû au manque de main d’œuvre dans les usines. Les prix de chaque machine vont continuer à progresser à cause de ces paramètres mais aussi car l’offre de matériels est plus importante et que les normes apportent elles aussi leurs lots de contraintes. »

« Toutefois, le prix est un accord entre un acheteur et un vendeur et les agriculteurs ne choisissent pas forcement le moins cher des matériels proposés », complète Alain Savary, secrétaire général d’Axema.