Académie d'agriculture de France

La filière porcine française face aux défis de la compétitivité et de la durabilité


Michel RIEU, Membre de l'Académie d'agriculture de France le 19/11/2020 à 18:36
(©Pixabay)

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La filière porcine française se trouve confrontée à de nombreux défis : les exigences de durabilité, les modifications du système alimentaire, la compétitivité internationale… Répondre à ces défis renvoie à des stratégies et des solutions techniques et d’organisation semblant contradictoires. C'est ce que tente d'analyser l'Académie d'agriculture de France au travers de la publication "Question sur..." N°S3-05.

Le secteur porcin en France

En France, la production porcine représente environ 4 % de la production de l’agriculture, contre près de 9 % dans l’UE, 27 % au Danemark, et 14 % en Espagne et en Allemagne (Données Eurostat pour 2018). En 2016, on comptait 16 300 détenteurs de porcs en France, dont 11 500 (de plus de 100 porcs) rassemblaient 99 % du troupeau. Au fil des ans, la production s’est spécialisée et concentrée dans toujours moins d’élevages, les petites structures disparaissant plus vite que les plus grandes unités.

Une baisse tendancielle de la production

Après une forte croissance durant les décennies 1980 et 1990 (qui a comblé le déficit extérieur en volume à partir de 1994), la production porcine française a stagné durant 10 ans, puis a baissé sensiblement entre 2010 et 2013.

Ces évolutions résultent de la combinaison :

  • de mesures drastiques de correction des impacts environnementaux à la fin des années 1990,
  • de limites de compétitivité internationale,
  • des problèmes d’acceptation sociale.

Une consommation qui diminue et se segmente

En 20 ans, en France, la consommation per capita de tous les produits du porc a baissé de 10 % environ, la consommation totale se maintenant cependant en raison de l’accroissement de la population. Mais les évolutions sont diversifiées, en fonction de facteurs sociaux, culturels et générationnels.

Comme pour d’autres produits alimentaires, l’univers de la consommation se complexifie, différents types de segmentations de produits se mettent en place, correspondant à différents niveaux de gamme (pour la charcuterie en particulier) et de circonstances de consommation. La restauration hors du domicile (RHD) et l’utilisation des produits comme ingrédients (pizzas, tartes salées, salades…) prennent des parts croissantes, encore mal suivies par les statistiques.

Afin d’approfondir le sujet et de découvrir les différents graphiques en lien avec les thèmes ci-dessus, vous pouvez vous référer au document ci-dessous.

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