Sécheresse : récoltes catastrophiques de châtaignes dans le sud-est


AFP le 06/11/2026 à 18:15

La sécheresse et les fortes températures estivales ont entraîné des récoltes catastrophiques de châtaignes, particulièrement en Ardèche qui totalise la moitié de la production française, ont souligné vendredi des professionnels de la filière dans le sud-est.

Alors que la campagne 2026 touche à sa fin en Ardèche, les agriculteurs s’attendent à une production divisée par deux par rapport aux 5 200 tonnes habituellement récoltées. « C’est une année sinistrée », résume Sébastien Debellut, animateur au Comité interprofessionnel de la Châtaigne d’Ardèche.

« Passé une certaine température, le châtaignier a tendance à bloquer sa physiologie. Cela signifie qu’il arrête d’alimenter ses bogues pour conserver son énergie pour se sauver », explique cet expert. « Les châtaigniers ont à peu près bien passé l’été car ils avaient de l’eau en profondeur grâce à la pluviométrie de l’hiver et du printemps. Mais ce qui compte pour la saison des châtaignes, c’est le mois de septembre. Le châtaignier a besoin d’eau pour mener les fruits à maturité et les faire grossir », analyse-t-il.

« On a eu des pluies et des petits orages fin août, puis plus rien jusqu’au 30 septembre, ainsi que des températures élevées », ajoute-t-il, pour expliquer pourquoi les fruits ne sont pas arrivés à maturité ou n’ont pas le calibre attendu.

Dans le département voisin de la Lozère, Nadia Vidal, castanéicultrice au Collet-de-Dèze et présidente de l’appellation Châtaigne des Cévennes, juge que « c’est très très très moyen ». « Nous avons eu une grosse sécheresse qui a énormément impacté l’arbre, les calibres et les volumes. C’est une année très compliquée. Nous rentrons normalement entre 80 à 90 tonnes, on s’attend à près de 40-45 tonnes », précise l’agricultrice.

Récolte catastrophique

L’appellation reconnue en 2023 compte aujourd’hui 70 adhérents, principalement en Lozère, dans le Gard et l’Hérault. « Pour de nombreux producteurs, c’est l’une des pires récoltes », précise Nadia Vidal, inquiète aussi pour la récolte 2027. « Le châtaignier a souffert. Nous avons eu des mortalités. On espère que les arbres vont résister », souligne-t-elle.

Les Jeunes agriculteurs (JA) et la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de la Lozère avaient tiré la sonnette d’alarme dans un communiqué commun publié le 23 octobre, parlant d’une récolte « catastrophique ».

La sécheresse ayant « fragilisé les chênes et les châtaigniers sauvages », les sangliers en manque de ressources alimentaires « se rabattent alors sur les châtaignes au sol des castanéiculteurs ».

« Avec des volumes de châtaignes en forte baisse, les producteurs ne peuvent transformer suffisamment de fruits et les ateliers de transformation tournent au ralenti. Ce sont donc l’ensemble de la filière, son AOP, ses débouchés économiques et son avenir qui sont menacés », avaient averti les syndicats.