Pour réduire l’usage des produits phytos, une transition plus globale est nécessaire


TNC le 23/10/2026 à 16:48
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Pour réduire l'usage des produits phytosanitaires en France, la transition doit être plus globale et impliquer le consommateur, estime un groupe de travail de l'Académie d'agriculture. (© Adobe Stock, @S. Leitenberger)

Réduire l’usage des pesticides en agriculture : est-ce possible et comment ? C’est la question que s’est posée un groupe de travail de l’Académie d’agriculture, dans un rapport achevé en septembre. Posant un diagnostic de la situation actuelle et en revenant sur l’historique des plans Ecophytos, les auteurs estiment que diminuer l’usage des produits phytosanitaires doit passer par une transition globale de l’agriculture, qui garantit un revenu aux agriculteurs et implique davantage les consommateurs.

Peut-on réduire significativement l’usage des pesticides en agriculture en France ? Oui, mais à plusieurs conditions, conclut le groupe de travail dédié de l’Académie d’agriculture, qui a récemment rendu public son rapport. En premier lieu, celle de prendre en compte l’ensemble des facteurs de la production agricole (rotations, pesticides, fertilisants, énergie, parcellaire, mécanisation, eau…) afin d’engager une transition globale de l’agriculture.

Ecophyto : des objectifs imposés sans concertation

Car si les différents plans Ecophyto, dont réduire massivement l’utilisation des produits phytosanitaires était justement l’objectif, n’ont pas eu l’effet escompté, c’est avant tout parce qu’ils étaient centrés « sur un seul groupe d’acteurs », constatent les auteurs. « Les agriculteurs se sont retrouvés, ou du moins l’ont-ils ressenti, en position d’accusés comme si leurs pratiques en matière d’emploi des pesticides résultaient d’une volonté délibérée de leur part et non de l’évolution d’un système alimentaire dans son ensemble », note le rapport.

Les objectifs fixés dans les plans ont ainsi été ressentis comme imposés sans concertation, tout en ajoutant des règles plus exigeantes que pour les concurrents internationaux, « sans reconnaissance économique », estime le groupe de travail.

Développer une politique de la demande

Les auteurs du rapport considèrent pourtant que, techniquement, les solutions sont connues, mais que la question principale est plutôt celle de la levée des points de blocage et de l’appropriation de la transition.

Il s’agit par exemple de relier cette dernière à des politiques publiques, et à une approche contractuelle. « Il s’agit de créer un nouveau marché, celui des produits issus des agricultures de transition, qui soit bien identifié par les consommateurs, le plus large possible, aux promesses crédibles, rémunérateur pour les agriculteurs », indiquent les auteurs, qui veulent « développer une politique de la demande ».

S’appuyer sur des démarches existantes

Plusieurs expériences réussies pourront ainsi servir de modèle, relève le groupe de travail, qui recommande de « s’appuyer sur les démarches existantes pour favoriser leur développement ». Des démarches qui doivent être prises en compte dans toute leur diversité. Les auteurs étudient notamment l’agriculture régénératrice, qui présente des atouts vis-à-vis de l’aval, mais également des imperfections (par exemple, le flou autour des pratiques agricoles qui s’y rattachent).  

Enfin, les approches territoriales constituent une voie à privilégier car elles permettent « d’adapter la transition à des conditions locales plus ou moins homogènes et la proximité des acteurs favorise la confiance et donc la crédibilité de la démarche ».