L’arrachage ne résout pas la crise du vin, prévient le Modef


AFP le 22/10/2026 à 14:45

Les plans successifs d'arrachage de vignes mis en place en France n'ont pas résolu la crise du vin, a estimé vendredi le syndicat agricole Modef, qui appelle à un prix plancher pour les producteurs et à revoir l'usage des aides européennes.

Ces plans, soutenus par des fonds publics, ont réduit les surfaces de vignes, « et pourtant on ne voit pas le prix du vin remonter. Ce qu’on élimine laisse la place à d’autres pays, ça ne fera qu’accentuer la crise viticole », a déclaré à la presse Didier Gadéa, président de la commission viticole du Mouvement de défense et coordination des exploitations familiales (Modef).

Le syndicat minoritaire dénonce des prix qui ne font plus vivre de nombreux producteurs, sous pression de négociants et de la grande distribution. Aujourd’hui « bon nombre de vignerons arrêtent dans le silence, ils abandonnent les fermages, les laissent en friche. On est en train de vivre un plan social, mais dans un silence assourdissant », a dit Xavier Fabre, viticulteur et président du Modef Gard.

Le Modef appelle à installer une cellule de crise au ministère de l’agriculture, réunissant « tous les syndicats » et, plus structurellement, à instaurer un prix plancher pour garantir un revenu minimum aux vignerons, à la manière du Smic pour les salariés. Pour lui, le budget de la politique agricole commune (Pac) de l’Union européenne, en cours de réexamen pour la période 2028-34, doit être maintenu, mais en supprimant les aides à la plantation au profit d’aides à l’hectare.

« On ne peut pas demander chaque année des primes à la plantation, puis tous les six mois des primes à l’arrachage, ce n’est plus crédible. Et on ne peut plus cautionner le fait que les aides à l’investissement aillent aux plus grosses caves », selon Xavier Fabre. Le syndicat appelle à maintenir les vignes, qui historiquement ont contribué à protéger les villages des incendies.