Plus d’un million de sangliers chassés et tués la saison dernière, selon l’OFB
AFP le 20/10/2026 à 13:12
Plus d'un million de sangliers ont été chassés et tués lors de la dernière saison de chasse 2025-2026, soit une hausse de plus de 15 % sur un an, selon des chiffres communiqués à l'AFP par l'Office français de la biodiversité (OFB).
Entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2026, 1 015 429 sangliers ont été prélevés sur le territoire national. Cela représente une progression de 15,3 % par rapport à la saison précédente.
« Même si ce chiffre peut paraître important, il y a de fortes disparités entre les départements », certains ayant des prélèvements plus importants (Gard, Loir-et-Cher, Ardèche), tandis que d’autres ont vu ces derniers baisser (Maine-et-Loire, Lot), a indiqué à l’AFP Aurélie Barboiron, administratrice du réseau « ongulés sauvages » au sein de l’OFB. Par ailleurs, « il n’y a pas de risque de nuire aux populations » ou à la survie de l’espèce, a-t-elle ajouté.
Même si, contrairement à d’autres espèces, les sangliers ne sont pas soumis à un plan de chasse avec un nombre minimal et maximal d’animaux à prélever chaque année, les prélèvements sont faits en fonction de décisions collectives au sein de chaque département, réunissant chasseurs mais aussi forestiers et naturalistes, indique Aurélie Barboiron.
Sur les 20 dernières années, les prélèvements de sangliers ont été multipliés par 2,2, dans un contexte où cet animal, accusé d’occasionner de nombreux dégâts aux cultures, mais aussi aux routes ou aux forêts, a vu sa population fortement augmenter.
Près de 90 à 100 M€ par an de dégâts agricoles
Selon l’OFB, même s’il est difficile de donner exactement le nombre de sangliers présents en France, on peut estimer leur population à « entre 1,5 et 2 millions d’individus », avait dit en février à l’AFP Éric Baubet, expert de la gestion des ongulés sauvages au sein de l’organisme public.
D’abord limitée aux milieux forestiers de certains territoires, la population de sangliers a fortement augmenté en France à partir des années 1970, avec une aire de répartition qui a augmenté de 144 % en 30 ans, selon des chiffres de l’OFB datant de 2024. Les causes sont à la fois naturelles (les sangliers ont une reproduction rapide, avec cinq ou six marcassins par portée), climatiques (les hivers moins rigoureux permettent un meilleur accès aux ressources alimentaires et un meilleur taux de survie des jeunes) mais aussi humaines.
Agriculteurs et défenseurs des animaux accusent les chasseurs d’avoir, dans les années 1970, lâché des animaux d’élevage et nourri des sangliers en liberté, pour avoir plus de gibier à abattre, favorisant ainsi la prolifération de l’espèce. Cela n’a pas été sans conséquence : les dégâts agricoles liés aux sangliers, mis à la charge des fédérations de chasseurs, atteignent désormais près de 90 à 100 millions d’euros par an, selon ces dernières.
En 2025, la SNCF a aussi comptabilisé 1 400 heurts entre trains et sangliers, 27 % de plus qu’en 2024. Face à cela, la chasse de l’espèce a progressivement été étendue depuis une quinzaine d’années, avec une période potentielle allant du 1er juin au 31 mai suivant, selon les départements.
Ces mesures ont notamment permis de réduire de 28 % les surfaces de dégâts aux cultures entre 2019 et 2025, avait indiqué en juin le ministère délégué à la transition écologique. Outre les sangliers, les prélèvements 2025-2026 de daims et de cerfs augmentent respectivement de 13 % et 8,5 %. À l’inverse, ils baissent pour les mouflons (- 10,6 %), les chamois (- 6,3 %) et les chevreuils (- 1 %).