La méthanisation agricole dans le gaz !


TNC le 19/10/2026 à 05:07
Methaniseur_agricole

Le 1er janvier 2027, le dispositif d'achat du biogaz à prix réglementé prendra fin. Les porteurs de nouveaux projets de méthanisation agricole sont dans le flou vis-à-vis de la rentabilité de l'investissement. (© Adobe Stock/Fineart collection)

La suppression du guichet tarifaire pour le biométhane injecté dans les réseaux est prévue au 31 décembre 2026. Les certificats de production de biogaz et un futur appel d’offres doivent prendre le relais, mais leurs modalités entretiennent l’incertitude chez les porteurs de projets agricoles.

À compter de 2027, les certificats de production de biogaz (CPB) doivent prendre une place croissante dans le soutien à la filière. Un appel d’offres doit également succéder au guichet tarifaire actuel, tandis que certaines installations de méthanisation pourront conserver un soutien par obligation d’achat. Les contrats déjà signés ne sont pas remis en cause. Pour les nouveaux projets, en revanche, les conditions de rémunération évoluent, alors que les investissements nécessitent de la visibilité sur plusieurs années.

Depuis 2011, le tarif réglementé du biométhane a contribué à structurer la filière en garantissant un débouché et un niveau de rémunération à la production injectée.

Les certificats de production de biogaz appelés à prendre le relais

Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, l’obligation de restituer des certificats de production de biogaz impose aux fournisseurs de gaz de détenir des CPB en fonction de leurs livraisons. Les fournisseurs peuvent produire eux-mêmes du biométhane ou acheter les certificats à des producteurs tiers. La vente de ces certificats apporte aux producteurs un revenu complémentaire à celui tiré du gaz.

Le mécanisme doit progressivement contribuer au financement de nouvelles capacités de production, en mettant les producteurs en concurrence sur le marché des certificats. Mais sa montée en puissance suppose d’avoir suffisamment de visibilité sur les obligations imposées aux fournisseurs. Or, la trajectoire des obligations au-delà de 2028 reste incertaine. Les producteurs peinent donc à anticiper leurs recettes, tandis que les banques manquent de repères pour évaluer les projets.

Dans sa réponse publiée le 17 septembre 2026 à une question écrite de la sénatrice Agnès Canayer, le gouvernement indique que des travaux sont en cours pour donner davantage de visibilité sur la trajectoire des CPB, à un horizon compatible avec la durée de vie des projets.

Un appel d’offres encore en préparation

L’arrêté du 10 août 2026 prévoit l’abrogation du dispositif tarifaire à compter du 31 décembre 2026. Un appel d’offres doit lui succéder, avec un cahier des charges encore en discussion avec la filière. L’objectif affiché est de mieux tenir compte des différences de coûts de production entre les installations et d’éviter que les méthaniseurs agricoles soient exclus du dispositif.

Les petites unités pourraient être particulièrement dépendantes des critères du futur appel d’offres. Au 30 juin 2026, les installations de moins de 15 GWh/an représentaient 46 % du parc en nombre, mais seulement 24 % de sa capacité totale.

Le gouvernement met en avant le coût du soutien public : les charges liées à l’obligation d’achat du biométhane injecté ont dépassé un milliard d’euros en 2025, selon sa réponse au Sénat. Il entend mieux cibler les aides tout en poursuivant le développement de la filière.

Des objectifs de production ambitieux

La troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) fixe son objectif à 44 TWh de biométhane injecté en 2030, puis entre 47 et 82 TWh en 2035. Reste à savoir si les futurs soutiens permettront de financer les installations nécessaires pour atteindre ces objectifs.

Au premier semestre 2026, 1 357 projets figuraient en file d’attente, pour une capacité cumulée de 23,4 TWh/an. Dans le même temps, les nouvelles capacités mises en service ont atteint 431 GWh/an, en baisse de 33 % par rapport au premier semestre 2025. Ce recul ne peut toutefois pas être attribué à la seule réforme des soutiens.