Interbev appelle à préserver les capacités de production de viande bio


TNC le 15/10/2026 à 14:32
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La baisse de la consommation de viande bio a entrainé un recul du nombre d'exploitation en bovins bio en 2025. (© Adobe Stock_REMCUT)

Après la crise de la consommation de viande bio, Interbev alerte sur l’importance de préserver les capacités de production pour sécuriser les approvisionnements et accompagner la reprise de la demande qui s’amorce. L’interprofession dresse un état des lieux de la filière dans son Observatoire 2025.

Toutes filières confondues, le marché de l’agriculture biologique a retrouvé un peu de couleurs en 2024, et la reprise se poursuit en 2025. Néanmoins, la crise a laissé des traces côté production, avec une SAU qui a reculé de 1,1% et un nombre d’exploitations en bio en diminution de – 1,3 % en 2025, rappelle Interbev dans son Observatoire des Viandes Bio, diffusé le 13 octobre.

Des abattages bio en recul

Conséquence du manque de débouchés pour les éleveurs bio, les abattages sont en recul en 2025, « passant de 29 294 TEC (tonnes équivalent carcasse) en 2024 à 27 541 TEC en 2025, soit une baisse globale de 6 % due à la réaffectation d’animaux finis et maigres vers le marché conventionnel, en lien avec l’augmentation des prix des animaux, le déréférencement en grandes et moyennes surfaces et le détachement des consommateurs », souligne l’interprofession.

Seule la restauration hors domicile (RHD) montre une dynamique positive, avec une progression de + 1,6 % de viande bio. Le segment représente 19 % du marché des viandes bio. Les autres débouchés sont en retrait : – 12 % pour la boucherie artisanale, – 8 % pour la vente directe, – 2 % pour la grande distribution, principal débouché des viandes bio (44 %). Les ventes en magasins spécialisés sont presque stables (- 0,4 %).

– 6 % d’exploitations bio en bovins allaitants  

La filière bovine bio n’a pas fait exception à cette tendance, puisque le nombre d’exploitations en allaitant a diminué de – 6 % en 2025 pour atteindre 6 203 fermes. Avec 210 475 vaches, les cheptels allaitants ont ainsi chuté de 5,6 %.

L’évolution est similaire en bovins lait, avec une diminution de – 8 % du nombre de fermes (4 395) et 5,9 % d’animaux en moins, à 267 232 vaches laitières.

« Au total, 9 943 fermes bovines bio sont comptabilisées sur le territoire français (vs 10 688 en 2024), et les abattages de bovins bio sont en baisse de 4,5 % de façon équitable entre bovins laitiers (10 109 Tec) et bovins allaitants (13 929 Tec) », indique Interbev.

Côté commercialisation, les volumes sont en baisse de 0,4 %, mais le chiffre d’affaires progresse de 4,8 % « en raison de l’inflation et de l’augmentation des prix de la viande (+ 6,5 %), elle-même liée à la hausse des cotations des animaux », rappelle l’interprofession.

Retrouver les volumes de 2019

Pour accompagner la reprise de la consommation, une campagne de communication a été menée en 2025 afin d’informer le grand public sur les atouts du modèle biologique. La filière des viandes bio a quant à elle mis en place une stratégie à horizon 2030 pour retrouver les volumes de 2019.

Cette dernière s’appuie sur six leviers : « la vulgarisation du cahier des charges, le développement de la contractualisation pour structurer les relations entre les différents maillons et offrir aux éleveurs des débouchés favorables et plus de visibilité, la restauration hors domicile, la dynamisation des points de vente dans tous les circuits de distribution, la construction d’indicateurs et la communication grand public », rappelle l’interprofession.