La presse New Holland voit venir les bouchons


TNC le 12/10/2026 à 17:47
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L'embrayage à glissement hydraliquement contrôlé permet de prévenir le risque de bourrage et d'absorber un pic de charge sur la transmission. (© TNC)

Une presse qui ralentit avant même que le gros de l’andain ne lui arrive dessus. C’est l’idée de l’Enhanced Baler Productivity de New Holland, récompensé par une médaille d’argent à l’Eima 2026. Mesure du couple, embrayage à glissement contrôlé et intelligence artificielle doivent permettre à la presse de mieux encaisser les variations de charge et de limiter les arrêts liés aux surcharges.

Sur une presse haute densité, un changement brutal de volume d’andain peut faire grimper le couple transmis par la chaîne cinématique. Jusqu’ici, une surcharge peut conduire à interrompre le flux de récolte pour protéger la machine.

New Holland propose une autre approche grâce à son embrayage à glissement contrôlé hydrauliquement. Lorsque le couple augmente brutalement, le système autorise un glissement temporaire de sorte à absorber le pic de charge, sans arrêter immédiatement la transmission.

La presse continue d’avaler la récolte pendant que le couple est maintenu dans une plage acceptable. Le dispositif limite les à-coups transmis à la chaîne cinématique et préserve la mécanique.

Mesure du couple en permanence

Le système vise à réagir avant que la surcharge ne soit là. Il mesure donc le couple transmis et le flux de matière en permanence, afin d’adapter le fonctionnement de la transmission. Ces données alimentent ensuite les algorithmes d’intelligence artificielle, qui adaptent le fonctionnement de la presse à la charge instantanée.

La technologie intègre également une fonction d’auto-calibration. Elle doit permettre au système de tenir compte de l’évolution des caractéristiques de la transmission au fil du temps, notamment avec l’usure et les variations de température.

Anticiper plutôt que subir

Le système peut également exploiter les informations issues de capteurs mesurant le volume de l’andain en amont de la machine. Le prix de l’innovation de l’Eima cite notamment la possibilité d’utiliser un capteur prospectif de type lidar.

L’objectif est de bénéficier de l’information avant que la matière n’entre dans le canal de la presse. Si le volume augmente, la vitesse d’avancement peut alors être réduite pour que la charge ne dépasse pas la capacité de la machine.

La logique n’est pas nouvelle : l’Italien dispose déjà de la technologie IntelliSense, qui gère automatiquement la vitesse d’avancement des moissonneuses-batteuses et exploite notamment un lidar pour analyser le flux de récolte. Sur l’Enhanced Baler Productivity, l’innovation réside plutôt dans la gestion active du couple de la presse.

La presse cherche son rythme

Ici, l’objectif n’est finalement pas d’aller plus vite, mais plutôt de travailler plus régulièrement. Dans un andain hétérogène, la machine peut rencontrer des zones peu fournies puis des paquets beaucoup plus importants. La presse classique encaisse les variations, à moins que l’opérateur ne réduise l’allure, voire que la machine ne s’arrête en cas de surcharge.

Avec cette technologie, New Holland automatise une partie du boulot. Le système intervient à la fois sur la transmission de l’outil et sur la vitesse du tracteur. L’objectif est de maintenir le fonctionnement de la presse dans une plage de charge acceptable.

Le constructeur annonce ainsi une hausse du débit de chantier et du nombre de balles produites, tout en minimisant les arrêts liés aux bourrages.

Une transmission intelligente

Jusque-là, la chaîne cinématique devait être dimensionnée pour supporter les contraintes imposées par les variations de charge. Ici, elle devient un organe central et actif dans la régulation du chantier.

L’embrayage à glissement contrôlé est la pièce maîtresse du dispositif. Les capteurs remontent les informations, les algorithmes déterminent la réponse et l’embrayage l’applique.