Au Sommet, Edouard Philippe tacle le programme du RN en agriculture


AFP le 09/10/2026 à 17:15

Le candidat Horizons à la présidentielle Édouard Philippe a accusé vendredi Marine Le Pen de proposer des « mesures extrêmement dangereuses » pour les agriculteurs et « contraires à l'intérêt de la France ».

En visite au Sommet de l’élevage à Cournon d’Auvergne (Puy-de-Dôme) deux jours après la candidate du Rassemblement national, l’ancien Premier ministre a fustigé les promesses budgétaires faites par la favorite des sondages face à des agriculteurs plongés dans une crise multiforme.

Elle « veut rétablir une tarification nationale, c’est-à-dire au fond des droits de douane nationaux, ce qui revient progressivement à réduire l’Europe à rien » et « elle veut ensuite couper très fortement dans le financement de l’Europe », a-t-il déclaré.

« Elle n’ose pas dire qu’elle veut sortir de l’Europe. Mais elle propose des mesures qui auront pour effet immanquablement de détruire la cohésion européenne », a poursuivi Edouard Philippe, actuellement le mieux placé du bloc central en cas de second tour face à Marine Le Pen.

« Une Europe effritée dans sa capacité à discuter avec les grandes puissances continentales, l’Amérique du Sud, l’Amérique du Nord, le Canada, l’Inde, la Chine demain, c’est une Europe incroyablement faible. Donc je pense que les propositions qu’elle a formulées sont très dangereuses pour les agriculteurs français » et « contraires aux intérêts de la France », a conclu le maire du Havre.

Chaleureusement accueillie mercredi au Sommet de Cournon, la patronne du RN est accusée par ses détracteurs de contradictions quand elle jure de « lutter pour ne pas voir baisser la Pac » après avoir menacé l’Union européenne d’un bras de fer afin de baisser la contribution de la France à son budget si elle est élue.

Accueilli, lui, avec circonspection par les syndicats d’agriculteurs, et face à des éleveurs confrontés à une sécheresse exceptionnelle et à une hausse de leurs charges (carburants, entrants, etc.) notamment, Edouard Philippe a répété ses trois priorités pour le secteur s’il était élu à l’Elysée.

Il préconise d’abord « l’alignement des normes » s’appliquant en France « par rapport à ses concurrents européens », car « très différentes parfois de celle des agricultures italienne, allemande, polonaise, espagnole, qui sont nos concurrents et nos concurrents principaux ».

Puis « nous devons mieux utiliser l’eau, mieux la stocker, mieux la réutiliser, mieux l’utiliser », a-t-il poursuivi, « sans quoi nous n’adapterons pas l’agriculture française à la transition climatique ».

Enfin, il faudra faciliter la transmission des exploitations après la retraite. « Nous devons accompagner celles et ceux qui les reprendront (…), un accompagnement, notamment financier », a conclu le candidat, sans détailler.

Des thèmes finalement assez proches de la candidate du RN qui a dit mercredi vouloir éliminer toutes les surtranspositions de normes, faciliter le stockage d’eau et la transmission des exploitations, via une révision du Pacte Dutreil.