L’Ukraine s’oppose à une adhésion à l’UE avec des restrictions sur ses exportations agricoles


AFP le 07/10/2026 à 14:37

L'Ukraine a affirmé mercredi qu'elle s'opposerait aux limitations de ses exportations agricoles dans le cadre du processus d'adhésion à l'Union européenne, alors que Bruxelles propose ce type de garde-fou pour calmer les inquiétudes des 27, particulièrement en France.

L’agriculture est un point de friction majeur dans l’ambition de l’Ukraine d’intégrer l’UE. De nombreux pays, dont la France et la Pologne, s’inquiètent des conséquences d’une arrivée massive de blé ukrainien sur les marchés et veulent protéger les agriculteurs européens.

Ces inquiétudes, jugées suffisantes pour menacer tout accord d’adhésion avec Kiev, ont poussé la Commission européenne à proposer de limiter l’accès de l’Ukraine aux marchés agricoles et aux subventions de l’UE.

Interrogé à ce sujet par l’AFP mercredi, le ministre ukrainien de l’agriculture Taras Vyssotsky a affirmé que l’Ukraine serait prête à d’éventuelles mesures temporaires mais s’opposerait à « une restriction permanente », qui « contredirait la logique même de l’adhésion pleine et entière à l’Union européenne ». « Il ne s’agirait pas d’un mécanisme transitoire, mais en réalité d’un modèle différent d’adhésion. L’Ukraine ne peut pas accepter une telle approche », a-t-il insisté.

Il a dit comprendre la « sensibilité » des agriculteurs européens, tout en niant que l’Ukraine représente une « menace » pour eux, et a proposé « des discussions substantielles sur les périodes d’adaptation, l’ampleur de l’accès au marché et les mécanismes de sauvegarde ».

Le secteur agricole ukrainien a été durement impacté par les frappes russes ces derniers mois. Les capacités de stockage ont diminué et les exportations via la mer Noire sont devenues périlleuses.

La semaine dernière, la Pologne et la Roumanie avaient rejeté une demande de l’Ukraine visant à l’aider à écouler ses céréales et à obtenir des subventions pour les acheminer à travers l’Europe.

Adhérer à l’UE est un processus long et complexe, mais l’Ukraine, qui fait face depuis 2022 à une invasion russe, plaide pour une procédure accélérée. Un feu vert des 27 pays membres est requis à chaque étape.