La MSA veut multiplier par 10 les contacts avec les agriculteurs


TNC le 29/09/2026 à 16:11
MSA

Anne-Laure Torrésin, directrice de la CCMSA, Jean-François Fruttero, président et François Serpaud, premier vice-président, lors de la conférence du mardi 29 septembre 2026. (© TNC)

Dans sa conférence de presse de rentrée, la MSA a réaffirmé sa pleine mobilisation pour faire face aux difficultés financières de ses ressortissants mais aussi pour détecter les situations de mal-être en pleine expansion ces derniers mois.

30 000 à 35 000 exploitations agricoles fragilisées sur les 413 000 affiliées à la MSA suite à la sécheresse/canicule, aux incendies de l’été mais aussi à l’impact des conflits sur les prix des intrants. C’est le chiffre avancé par Jean-François Fruttero, président de la Caisse centrale de la MSA lors de la conférence de presse du mardi 29 septembre 2026. « L’agriculture française fait face à des difficultés de plus en plus structurelles, avec des impacts durables, et toutes les filières sont concernées désormais. Nous avons le devoir de les accompagner », présente-t-il.

Les 35 caisses de la MSA, soit la totalité, ont été mobilisées ces dernières semaines pour répondre à l’urgence, explique François Serpaud, premier vice-président de la CCMSA. « Ces aides directes ont pu prendre la forme de financement de bilans comptables, d’aides pour le paiement de cotisations, de relogement d’urgence en Gironde notamment, mais aussi de prises en charge des frais pour garde d’enfants en raison des horaires décalés liés aux canicules. »

Des situations de mal-être en forte croissance

Dans le plan CASI de la ministre de l’agriculture, auquel la MSA est associée, des dispositifs d’accompagnement économiques sont proposés comme la prise en charge de cotisations ou encore la modulation des échéanciers de paiement. Un important volet social, sur la prévention du mal-être agricole, figure aussi dans ce plan.  

Car les difficultés financières des exploitations s’accompagnent aussi d’une forte hausse du mal-être des affiliés à la MSA.

Le dispositif Agri’écoute, service d’écoute et de soutien psychologique 24h/24 et 7j/7, a ainsi enregistré une hausse de 32 % des appels sur le premier semestre 2026 (2 794 appels). En 2025, Agri’écoute avait reçu 4 230 appels. Le facteur climatique est aussi trois fois plus cité dans les appels en 2026 par rapport à 2025.

« Depuis juin 2026, on note des appelants dans une détresse encore plus forte », signale Anne-Laure Torrésin, directrice générale de la CCMSA. « Les appels témoignent d’un niveau d’épuisement moral plus important, de très fortes inquiétudes, d’une précarité financière et d’une surcharge de travail conséquente. On craint encore une progression des appels d’ici la fin d’année », poursuit la directrice.

Pour déceler au mieux ces situations de mal-être, la MSA a investi fortement dans la formation des sentinelles agricoles, personnes chargées de les repérer. 11 850 personnes sont désormais formées sur l’ensemble du territoire pour remonter ces difficultés. « On enregistre 2 000 situations de mal-être rien que sur les mois de juin, juillet et août 2026, c’est une hausse de 10 % par rapport à la même période l’année dernière. »

L’aide au répit administratif, qui permet de soulager les exploitants confrontés à une surcharge administrative, est aussi plébiscitée. Si 6 000 personnes ont été accompagnées en 2025, pour une enveloppe de 7 millions d’euros, cette sollicitation devrait croitre également en 2026.

200 000 contacts sortants en 3 mois

Face à cette situation de crise, « les agriculteurs attendent des réponses. C’est pour cela que la MSA mobilise l’ensemble de ses dispositifs et renforcent ses moyens pour répondre aux difficultés et pour « faire face ensemble », que ce soit d’un point de vue trésorerie, mais aussi face aux difficultés familiales, sociales, etc. Nous devons réarmer notre guichet unique et mettre l’accent sur les démarches « d’aller vers ». Les élus, du fait de leur implantation territoriale, ont un rôle majeur à jouer », insiste le président de la CCMSA.

L’organisme de sécurité sociale se donne ainsi l’objectif de 200 000 contacts sortants d’ici la fin de l’année 2026, c’est-à-dire 10 fois plus qu’à la même période en 2025, annonce Jean-François Fruttero. Cela peut prendre la forme d’un mail, d’un sms, ou d’un contact téléphonique après identification d’une situation difficile. « Prévenir et informer les adhérents sur tous les dispositifs à leur disposition, c’est l’enjeu des prochaines semaines », complète François Serpaud.

La COG 2026-2030 est signée

Jean-François Fruttero est enfin revenu sur la signature en juin 2026 d’une nouvelle convention d’objectifs et de gestion de la CCMSA avec l’État pour la période 2026-2030. « Il s’agit d’une convention équilibrée entre notre demande et l’ambition financière des pouvoirs publics. Elle vise à simplifier les démarches, renforcer la prévention et accompagner les transformations du monde agricole. »

Les fonds consacrés à la prévention santé sont ainsi en hausse de 11 % sur la période, ceux des actions sanitaires et sociales enregistrent aussi une croissance. « Une augmentation de 50 % du budget pour lutter contre le mal-être agricole, soit 9 millions d’euros par an sur la période 2026-2030, et jusqu’à 10 millions en 2030, a été actée », se réjouit Anne-Laure Torrésin.

La COG prévoit aussi une réduction des effectifs équivalent à 575 CDI sur la période, soit 5 % des effectifs de la MSA. « C’est une COG exigeante. Cette baisse des effectifs s’effectuera sans dégrader le service, en automatisant davantage la gestion des dossiers, mais nous conserverons les personnels en lien avec les ressortissants », affirment le président et la directrice de la MSA.