Pommes de terre : une récolte 2026 sous pression, entre recul des surfaces et aléas climatiques


TNC le 19/09/2026 à 11:00
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Pour la récolte de pommes de terre 2026, le rendement moyen est estimé à 40,5 t/ha pour les pays du nord-ouest européen. (© © Stéphane Leitenberger, tous droits réservés)

Selon le groupe des producteurs de pommes de terre du Nord-ouest européen (NEPG), la combinaison d’une forte réduction des surfaces et d’un été marqué par la chaleur et la sécheresse pourrait conduire à l’une des plus faibles récoltes de ces dix dernières années.

Même si la plupart des pommes de terre n’ont pas encore été récoltées, le NEPG s’attend à « une récolte 2026 parmi les plus faibles de ces dix dernières années ». Le groupement évalue la production du nord-ouest européen à 20,7 Mt, soit un recul de 25,4 % sur un an et de 13,7 % par rapport à la moyenne 5 ans. En cause : la réduction des surfaces cultivées (- 13,7 % sur un an) et des conditions de croissance difficiles.

« Dans l’ensemble de la zone NEPG, à l’exception du nord de l’Allemagne et des Pays-Bas au nord des « grandes rivières » où les précipitations se sont rapprochées de la moyenne, la sécheresse et des températures bien supérieures à la normale ont été fréquentes en juillet et août. Même lorsque l’irrigation était possible, les champs de pommes de terre n’ont pas pu se développer et grossir normalement. »

Le rendement moyen est estimé à 40,5 t/ha, soit un recul de 8,7 % par rapport à 2025 et de 5,2 % par rapport à la moyenne quinquennale.

« Les problèmes de rejets devraient être globalement limités mais bien réels, et les taupins constituent un problème croissant, sans parler du développement du Stolbur. La germination plus précoce posera également un problème pour le stockage pendant la campagne », prévient le NEPG.

Estimations des productions et des rendements en pommes de terre dans le Nord-ouest européen. (© NEPG)

Une souplesse demandée aux négociants et aux transformateurs

Il anticipe « des difficultés pour les producteurs à livrer les quantités prévues dans leurs contrats, en particulier en Belgique et en France. Les négociants et les transformateurs doivent adapter leurs cahiers des charges et faire preuve de plus de souplesse envers les producteurs confrontés à ces problèmes majeurs que sont l’insuffisance des quantités et la diminution des longueurs et des calibres ».

« Les industriels ne sont pas les seuls à avoir besoin de pommes de terre, en particulier de gros calibres et de tubercules longs. La demande des marchés de produits frais d’Europe du Sud et de l’Est reste forte, tandis que la Grande-Bretagne aura également besoin de pommes de terre et de produits transformés suite à la sécheresse et à la canicule de l’été 2026 de l’autre côté de la Manche et de la mer du Nord. Dans ce contexte, les clients à l’exportation devront peut-être également adapter leurs spécifications et leurs attentes habituelles. »

« Un besoin urgent de recherche »

« Les agriculteurs, en première ligne face aux conséquences du changement climatique, ne doivent pas être les seuls à subir les conséquences des aléas climatiques », souligne le NEPG, soutenant « la nécessité de disposer, à l’avenir, de variétés plus résilientes et plus robustes face à la chaleur, à la sécheresse, mais aussi au mildiou, etc. ».

« Nous devons réfléchir et mener des essais sur de nouvelles techniques agricoles : la création de réservoirs d’eau, de meilleures techniques d’irrigation, l’agroforesterie, l’augmentation de la teneur en humus et le paillage pourraient également faire partie de la solution. »