Protection des captages d’eau : les collectivités remontées contre un projet d’arrêté


AFP le 18/09/2026 à 16:05

Les collectivités ont tiré vendredi à boulets rouges sur un projet d'arrêté qui réserverait les actions de protection des captages d'eau aux sites les plus pollués, faisant peser sur les contribuables le coût de la dépollution des pesticides.

Les associations de collectivités, de consommateurs et de protection de l’environnement « ont pris collectivement la parole » vendredi matin, pour « s’opposer au projet de décret a minima pour protéger l’eau potable des Français et leur pouvoir d’achat », a indiqué le réseau de collectivités Amorce. Il s’exprimait à l’issue d’une réunion du groupe national captages, une instance interministérielle de concertation créée pour s’accorder sur les démarches de protection des captages d’eau potable.

Après la promulgation de la loi d’urgence agricole, la ministre de la transition écologique Monique Barbut avait promis des décrets pour renforcer la protection des captages, censée être « la grande avancée environnementale » du texte.

Selon les collectivités, 6 000 à 7 000 captages nécessitent des mesures de protection renforcées. Mais les seuils de pollution retenus par le projet d’arrêté, présenté vendredi, réduiraient à 2 000 le nombre de captages classés comme « prioritaires » et donc susceptibles de bénéficier d’un plan de protection établi par le préfet, a déclaré à l’AFP Alice Timsit, présidente de la régie publique Eau de Paris.

Cela reviendrait à « basculer d’une logique préventive à une logique curative », beaucoup plus onéreuse, et à « remplacer le principe pollueur-payeur »par le principe pollué-payeur« , selon Mme Timsit, qui représentait le réseau France Eau publique.

Le réseau Amorce a également réclamé que « la lutte contre les pollutions soit financée par le principe pollueur-payeur et non par les usagers de l’eau qui pourraient voir leur facture d’eau augmenter de plus de 100 euros par an », selon lui.

La président d’Eau de Paris a également déploré l’absence de discussions relatives aux moyens financiers associés à ce transfert de charge sur les populations. Cette question devrait toutefois être abordée lors d’une prochaine réunion du groupe national captages, à une date qui reste à déterminer, selon Mme Timsit.

L’alimentation en eau potable de la population française est assurée par quelque 32 900 captages d’eau potable, dont 96 % prélèvent de l’eau souterraine et fournissent deux tiers du volume d’eau consommé par le pays. Mais leur nombre se réduit : environ 14 000 ont été fermés ces 40 dernières années, dont un tiers (…) parce que l’eau n’était plus potable du fait de pollutions aux pesticides et aux nitrates.