L’excès de pluie, l’autre menace climatique pour le cacao
AFP le 15/09/2026 à 09:43
Les pluies diluviennes générées par le changement climatique, et pas seulement la sécheresse, peuvent ruiner une récolte de cacao, montre une étude des universités d'Harvard et du Ghana, publiée lundi dans la revue PNAS.
« La sécheresse est une menace réelle pour le cacao, c’est un fait établi. Ce qui n’a pas été aussi bien montré est l’autre extrême du trop-plein de pluie », souligne Anna Lea Albright, chercheuse au Harvard University Center for the Environment, auteure principale de l’étude. Or « les pluies intenses qui arrivent à la floraison des arbres – ou qui favorisent les maladies fongiques – se révèlent tout aussi déterminantes », ajoute-t-elle.
Les chercheurs ont croisé vingt ans de données du Ghana Cocoa Board (données météo, état des sols, niveaux de récoltes etc.). Conclusion, un excès de pluie en avril-juin en saison humide – période de floraison puis de début de formation des cabosses – couplé à une sécheresse excessive ensuite, expliquent environ deux tiers des fluctuations de récoltes constatées d’une année à l’autre.
Les chercheurs ont trouvé les mêmes tendances en Equateur et en Indonésie : les années à saison très humide tendent à être plus difficiles pour le cacao. Les aléas climatiques ont largement contribué ces dernières années à la volatilité des cours mondiaux du cacao, qui ont en particulier triplé en 2024 du fait d’intempéries subies par la Côte d’Ivoire et le Ghana, les deux premiers producteurs mondiaux.
Se préparer à ces événements climatiques de grande échelle attendus
Face à cela, les scientifiques appellent à développer des systèmes plus précis de prévision et alertent pour que les cultivateurs se préparent à temps, les pluies torrentielles étant souvent liées à des événements climatiques de grande échelle attendus (El Niño, bouleversements des températures maritimes dans l’Atlantique…).
Ainsi le phénomène El Niño devrait être très intense cette année, promesse de pluies fortes en Equateur et de sécheresse en Afrique de l’Ouest et Indonésie, citent les chercheurs, qui admettent cependant que des recherches doivent encore être menées pour mieux comprendre l’impact du réchauffement climatique sur l’évolution générale des précipitations.
« Nous espérons que ces résultats contribueront à réduire les dommages subis par les récoltes, en encourageant la mise en place de plus de couverture forestière sur les cacaoyers, ou en préservant les litières de feuilles qui évitent les éclaboussures à même de transmettre les infections du sol aux cabosses », souligne Peter Huybers, président du département des Sciences de la Terre à Harvard.