Cofigeo va fermer une usine emblématique de William Saurin et supprimer 142 postes


AFP le 08/09/2026 à 12:30

L'industriel agroalimentaire Cofigeo (William Saurin, Raynal et Roquelaure, Zapetti et Garbit) a annoncé mardi à l'AFP un « redéploiement » de ses activités industrielles qui prévoit la fermeture mi-2027 de son usine de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne) et la suppression de 142 postes dans le cadre d'un PSE.

Le spécialiste des plats appertisés (conserves ou barquettes à réchauffer au micro-ondes) fait face depuis des années à une baisse de son activité (- 17 % depuis 2022 ce qui correspond au volume d’activité d’une de ses usines), a expliqué son président Mathieu Thomazeau à l’AFP.

Cette baisse s’explique selon lui par une mutation et une fragmentation du marché entre un plus grand nombre d’acteurs et de produits (surgelés, traiteurs, déshydratés…) et l’inflation qui a pesé depuis 2022 sur la compétitivité du groupe.

Si les crises récentes (guerre au Moyen-Orient et été catastrophique pour l’agriculture) n’ont pas influé sur ce plan de plus long terme, elles s’ajoutent aux difficultés du secteur agroalimentaire français, qui souffre d’une rentabilité faible et fait face à un mur d’investissement pour se moderniser.

« La diversification et la modernisation de l’offre nécessitent des investissements importants », a-t-il ajouté.

Cofigeo a présenté mardi son plan de redéploiement des activités industrielles et d’accompagnement aux instances représentatives du personnel et à ses salariés.

L’usine de Lagny-sur-Marne est une des usines emblématiques de la marque William Saurin, rachetée en 2017 par le groupe, mais elle est « enclavée » en centre-ville et sa répartition sur plusieurs étages, les infrastructures ayant été construites au début des années 1960, complique la production. Elle devrait fermer d’ici la fin du premier semestre 2027.

« L’intégralité des productions », que ce soit les produits William Saurin ou ceux de marques distributeurs, sera redéployée sur d’autres sites du groupe, à Capdenac (Aveyron) où seraient créés 41 emplois, et pour les activités à base de pomme de terre notamment à Pouilly-sur-Serre (Aisne), selon Mathieu Thomazeau.

Le président a insisté auprès de l’AFP sur l’accompagnement « individuel » qui sera mis en place pour les salariés concernés par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), ajoutant vouloir privilégier la « mobilité interne ».

Les économies réalisées devraient permettre d’investir en recherche et développement pour créer des produits innovants sur les marques du groupe mais aussi sur les campagne de communication auprès des consommateurs, afin de retrouver des niveaux de rentabilité « proches » des années d’avant-crise.

A l’issue de ce plan, le groupe disposera de six usines et d’un centre logistique en France.