Au Canada, l’industrie viticole menacée par les feux de forêt
AFP le 15/08/2026 à 10:15
Dans la province de Colombie-Britannique, ravagée cet été par de vastes incendies, de nombreux viticulteurs ont été contraints d'évacuer leurs terres à la hâte face à l'avancée des flammes, dont l'intensité et la récurrence menacent le secteur.
L’incendie de Bald Range, notamment, qui s’est déclaré le 7 août et s’est rapidement propagé dans cette région viticole de l’ouest du pays, a contraint plus de 20.000 personnes à évacuer.
Parmi ces rescapés des flammes, John Glavina, propriétaire du domaine Giant Head Estate Winery à Summerland, a pris la route quelques heures seulement après le déclenchement de l’incendie avec sa femme, son chien, son passeport et son ordinateur.
En laissant derrière lui son exploitation viticole, où 14 tonnes de raisins sont en attente de récolte, John Glavina craint de perdre gros.
« Nous avons pour 45 000 dollars canadiens (28 000 euros) de récolte », a rapporté cet ancien salarié de l’informatique à l’AFP.
La vallée de l’Okanagan, où l’incendie fait rage, est l’une des principales régions viticoles du Canada, dotée de différents types de sol qui permettent une production variée de cépages, du merlot au chardonnay.
Mais John Glavina, qui a acheté cette ancienne exploitation de pommiers en 2002, voit son secteur agricole de plus en plus exposé aux changements climatiques, dans ce pays qui se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète.
S’il connaît cet été sa première évacuation, le viticulteur avait déjà précédemment pâti des fumées des incendies qui avaient imprégné les baies et les fleurs de ses vignes d’une odeur de « cendrier ».
En 2021, déjà, une intense vague de chaleur avait menacé de nombreuses cultures dans la région, se rappelle-t-il, rassuré néanmoins d’avoir appris par l’un de ses voisins que son exploitation n’a pas subi cette semaine de dégâts majeurs.
« Coup dur »
Les domaines qui ont échappé aux ordres d’évacuation subissent eux aussi les contrecoups de ces incendies.
C’est le cas d’Emma Roberts, propriétaire du domaine Howling Bluff Winery à Penticton, qui a recueilli des habitants évacués des localités avoisinantes.
« Il n’y a pratiquement plus de visiteurs. C’est un énorme coup dur pour nous, surtout à la période la plus occupée de l’année », a-t-elle déclaré à l’AFP.
Dans les heures qui ont suivi le déclenchement de l’incendie, plusieurs domaines viticoles de Summerland ont en effet annoncé leur fermeture immédiate sur les réseaux sociaux.
« C’est une période extrêmement difficile pour notre équipe », a écrit Haywire Winery, un domaine de quatre hectares surplombant le lac Okanagan.
« Voir l’incendie se propager si rapidement et tant de personnes déplacées, c’est déchirant », peut-on lire.
Alors que les secours sont toujours mobilisés pour combattre ces flammes, il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences sur le secteur viticole, comme l’avait indiqué la semaine dernière l’organisation professionnelle Wine Growers British Columbia.