La Garonne dans un état critique, de nouvelles restrictions d’eau envisagées


AFP le 29/07/2026 à 16:30

La situation de la Garonne, dont le débit est soutenu depuis début juillet à des niveaux records par les pouvoirs publics, reste très inquiétante et pourrait mener l'Etat à décider de nouvelles restrictions de consommation, a confié mercredi à l'AFP Jean-Michel Fabre, président de l'établissement public Garonne.

Les restrictions de prélèvement, qui atteignent déjà 30 % (soit 2 jours d’interdiction par semaine) sur certains tronçons de la Garonne, pourraient être portées à 50 % d’ici au 7 août, une décision qui reviendra aux services préfectoraux, a-t-il indiqué.

Pour cette « année de tous les records et tous les excès », les premiers lâchers d’eau visant à soutenir le débit de la Garonne ont eu lieu le 3 juillet, soit une semaine plus tôt que le précédent record, et se poursuivent depuis « sans discontinuer », a expliqué M. Fabre.

À la date du 29 juillet, 28 à 29 millions de mètres cubes ont déjà été lâchés pour maintenir un débit satisfaisant, soit déjà plus, alors que le mois n’est pas terminé, que lors du record de juillet 2022 (25 millions).

Or, « on a devant nous 15 jours chauds et secs, (sans) aucune pluie significative prévue, donc si on continue à lâcher de l’eau au niveau où on est, on viderait tous nos stocks avant la fin août », ajoute le président de l’établissement public Garonne.

Lors d’un comité d’étiage en présence de tous les acteurs concernés, il a donc été décidé mercredi matin de « progressivement réduire nos lâchers d’eau, de manière à ce qu’on préserve notre capacité à lâcher de l’eau jusqu’à la fin du mois d’octobre, avec des débits faibles, mais pour garantir l’équivalent de l’eau potable, c’est-à-dire entre 4 et 5 mètres cubes par seconde ».

Plusieurs points positifs restent néanmoins à souligner, a-t-il précisé : des volumes disponibles supérieurs cette année avant l’été, et un pic de consommation agricole intervenu plus tôt dans la région que l’an passé et donc potentiellement déjà franchi.

« On n’en est plus au changement climatique, on en est à l’emballement du changement climatique », a souligné M. Fabre. « Ça suppose qu’il faut qu’on accélère dans notre adaptation. » « Les lâchers d’eau, on doit les manier nous aussi avec sobriété (…) On ne peut pas se permettre de gaspiller la moindre goutte d’eau », a-t-il encore dit.