Florent Loobuyck n’achète plus de fongicides pour le blé, il paie un service de pilotage


TNC le 25/07/2026 à 10:18
Natup

De gauche à droite : Florent Loobuyck, agriculteur, Raphaël Quétier, ATE Natup, François Johnston, spécialiste de l'économie de la fonctionnalité et de la coopération, Sébastien Pirart, responsable appro productions végétales NatUp, Eric Martineau, député de la Sarthe, et Laurent Lemarchant, directeur de la coopérative. (© TNC)

Agriculteur dans l’Eure, Florent Loobuyck teste depuis trois campagnes le service xarvio Healthy Fields, déployé par sa coopérative NatUp, qui lui garantit un bon état sanitaire de ses parcelles de blé tendre.

« Ce qui m’a convaincu, c’est que je ne suis plus seul face aux aléas », explique Florent Loobuyck, installé au Thil-en-Vexin (Eure) avec son père et sa femme. Cela fait trois ans qu’il engage ses surfaces de blé tendre dans le programme xarvio Healthy Fields de BASF, proposé sa coopérative.

L’outil de pilotage de la protection fongicide repose sur une garantie de résultats : 80 % de cultures saines, feuilles F1 et F2 et épis, au stade grain laiteux/pâteux. Si cet objectif n’est pas atteint, un système d’indemnisation par palier est déclenché, jusqu’à 300 €/ha.

« Cette approche apporte davantage de visibilité et de sérénité dans la conduite des cultures », estime l’agriculteur. Une sérénité appréciée sur une exploitation où la production de 5 000 t de pommes de terre mobilise déjà beaucoup de temps au printemps.

Un coût entre 80 et 120 €/ha

« Dès le mois de décembre, je connais le coût de ma protection fongicide blé tendre pour la campagne », ajoute Florent Loobuyck. Le coût du service est, en effet, fixé à l’avance, indépendamment de la pression sanitaire de l’année.

La coopérative Natup propose deux offres distinctes pour coller aux spécificités de son territoire : Premium et Ultra, avec des tarifs compris entre 80 et 120 €/ha.

« Ces différences s’expliquent par le terroir de l’exploitation engagée, son potentiel de rendement et le choix variétal. Une exploitation située dans le sud de l’Eure ou en Eure-et-Loir n’est exposée aux mêmes risques qu’une basée dans le Pays du Caux, où le climat maritime favorise davantage le développement des maladies », commente Sébastien Pirart, responsable appro productions végétales chez Natup.

Le prix intègre les produits de protection, l’accès à la plateforme digitale xarvio Healthy Fields, ainsi que l’accompagnement de l’attaché technico-économique (ATE) de Natup.

97,5 % des parcelles ont atteint l’objectif chez NatUp

« xarvio Healthy Fields n’est pas un outil qui décide à notre place, il nourrit notre expertise », souligne Raphaël Quetier, ATE chez NatUp. « Grâce aux modèles prédictifs et aux observations réalisées au champ, nous ajustons nos recommandations en temps réel et à la parcelle. Nous passons d’une logique de traitements préventifs systématiques à un positionnement curatif extrêmement ciblé. »

L’approche intègre aussi le recours aux solutions de biocontrôle, au T1 quand il est nécessaire, avec une application de soufre seul, ou associé aux phosphonates de potassium.

Pour la campagne 2026, deux traitements (T1 et T2) ont été déclenchés chez Florent Loobuyck et l’objectif sanitaire fixé rempli. À l’échelle de la coopérative NatUp, le retour d’expérience après trois années est encourageant, estime Sébastien Pirart. « Nous avons atteint un taux de performance de 97,5 % de parcelles à l’objectif, sur plus de 5 100 ha suivis. » Forte de ces résultats, la coopérative vise désormais 10 000 ha couverts par xarvio Healthy Fields en 2027. »

« Nous poursuivons le déploiement de solutions d’agriculture de précision à destination de nos adhérents, afin de les accompagner à appliquer la juste dose, au bon endroit et au bon moment. Ils ne sont plus les seuls à supporter les risques induits par cette optimisation », souligne Laurent Lemarchant, directeur de la coopérative NatUp.

Le modèle ne peut toutefois pas convenir à tous les agriculteurs : il faut préciser qu’avec xarvio Healthy fields, les producteurs n’ont pas le choix des produits appliqués (BASF ou autres fournisseurs) et que les doses de traitements prescrites sont systématiquement pleines.

43 000 ha de blé et d’orge engagés dans l’Hexagone

En 2026, « 43 000 ha ont été engagés avec xarvio Healthy fields à l’échelle nationale (28 000 ha pour la récolte 2025). La réduction de l’IFT est variable selon les années et les régions, toutefois on enregistre une diminution de 20 % du nombre de traitements en moyenne », note Yohann Béréziat, responsable du service BASF pour la France.

Le service, aujourd’hui disponible sur blé tendre et orge d’hiver, devrait s’étendre l’an prochain aux cultures de triticale et de blé dur, grâce aux modèles prédictifs développés par Arvalis.

Selon François Johnston, spécialiste de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération, cette démarche illustre parfaitement cette nouvelle logique : « il s’agit de réduire l’impact environnemental d’une activité et de créer davantage de valeur par le service rendu que par la seule vente d’un produit. Au lieu de vendre des pneus, on garantit des kilomètres parcourus, ou au lieu de vendre des photocopieurs, on garantit des pages imprimées. Cela fonctionne lorsque tous les acteurs s’engagent vers un même résultat et partagent les risques. »