Pour la Fnab, la loi d’urgence ne répond pas aux vraies problématiques agricoles
TNC le 22/07/2026 à 15:13
Le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Parlement passe « à côté des solutions dont le monde agricole a vraiment besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique », estime la Fédération nationale d'agriculture biologique. Elle appelle l’État, les parlementaires et les collectivités à « s’atteler dès à présent aux cinq véritables urgences agricoles ».
« Même si on doublait les surfaces irriguées, 85 % des surfaces resteraient sans accès à l’eau, donc faire croire aux agriculteurs que la loi d’urgence agricole leur apportera des solutions face au réchauffement climatique, c’est leur mentir dans un moment où nous n’avons plus le temps de regarder ailleurs », alerte Olivier Chaloche, co-président de la Fnab.
Cette adoption propose « un avenir agricole basé sur une ressource en eau abondante, régulière et disponible, méconnaissant la réalité climatique et agricole puisque moins de 7 % des surfaces sont aujourd’hui irriguées. Ce projet refuse de suivre les derniers rapports institutionnels qui recommandent vivement le développement des pratiques agroécologiques […]. Il acte de graves reculs dont la réintroduction de deux produits phytosanitaires de la famille des néonicotinoïdes et l’abandon de la hiérarchie des usages de l’eau. »
Pour la fédération, « il est urgent d’agir autrement pour répondre aux défis climatiques, sanitaires et économiques auxquels l’agriculture française est confrontée » :
1. « soutenir les pertes de récoltes et de cheptels liées aux canicules » ;
2. « accompagner toutes les fermes vers l’agroécologie pour que la France soit plus robuste face au dérèglement climatique » ;
3. « protéger la santé des agriculteur∙rices, riverain∙es et consommateur∙ices face à l’explosion des maladies liées aux produits phytopharmaceutiques de synthèse » ;
4. « préserver les captages d’eau potable en rémunérant les fermes qui se passent de produits phytos et engrais de synthèse » ;
5. « relancer les installations et conversions de fermes bio pour répondre à la reprise de la consommation bio ».
Pour relever ces urgences, la Fnab appelle l’État, les parlementaires et les collectivités à se mobiliser, en commençant par « le classement des canicules en calamité agricole ». Elle milite aussi pour « une vraie application d’Égalim dans les restaurants collectifs (20 % produits AB) et dans les filières bio avec des indicateurs de coûts de production dans chaque filière et une obligation d’en tenir compte dans la fixation des prix d’achats ».
Pour rendre l’AB plus attractive, la fédération propose aussi différents soutiens financiers : « hausse de l’écorégime bio, aides bio sanctuarisées et bien dotées dans la future Pac, régime cadre « paiement pour services environnementaux » dédié à l’AB ».
Elle demande également « des mesures systématiques de développement de l’agriculture biologique dans les programmes d’actions des captages d’eau potables coordonnés par les collectivités (captages non exonérés) et Préfet∙tes (captages prioritaires), ainsi qu’un poste dédié pour un représentant de l’AB dans les commissions locales de l’eau, dans le cadre de l’augmentation des représentants agricoles (article 5 de la LUA) ».