S’adapter aux conditions de sécheresse des sols pour les futurs semis de colza


TNC le 21/07/2026 à 17:56
Chaume

Avec l'état de sécheresse des sols, l'observation et le diagnostic de la structure du sol peuvent aujourd'hui être délicats. (© TNC)

Aujourd’hui, la plupart des parcelles présentent des profils extrêmement secs, hormis les secteurs ayant pu recevoir des orages. Dans ce contexte, les équipes de Terres Inovia rappellent les éléments à observer pour préparer les prochaines implantations de colza.

« Le contexte climatique de cette campagne impose de raisonner différemment le travail du sol. Même si la tentation peut être forte d’intervenir dans des profils très secs pour « prendre de l’avance », un travail réalisé dans de mauvaises conditions peut créer des mottes, dégrader le futur lit de semence et finalement retarder l’implantation des colzas », indiquent les équipes techniques de Terres Inovia.

Assurer une levée rapide et homogène

Habituellement, les recommandations pour la préparation des futurs colzas invitent à « préserver la fraîcheur des sols », mais cette année, c’est très compliqué dans de nombreux secteurs. Pour l’institut technique, il convient « d’évaluer le potentiel structuré réellement hérité des cultures précédentes, d’anticiper les évolutions météorologiques et d’être prêt à saisir la meilleure fenêtre de chantier ». « Le véritable objectif n’est pas de vouloir travailler le sol le plus tôt possible, mais de créer, au bon moment et dans les bonnes conditions, un lit de semence capable d’assurer une levée rapide et homogène, et d’obtenir un colza robuste. »

Avec l’état de sécheresse des sols, l’observation et le diagnostic de la structure du sol peuvent aujourd’hui être délicats. « Plutôt que de juger uniquement une potentielle compaction du sol sur l’horizon 0-15 cm, il est préférable de rechercher des indicateurs de bon état de porosité, dès lors que les conditions d’humidité le permettront » :

– « Par la présence de nombreuses mottes avec des racines et des pores grossiers sur l’horizon 0-10 voire 15 cm. Ces éléments traduisent une bonne capacité à l’agrégation par la porosité, et permettront de limiter la formation de mottes grossières lors du travail du sol en conditions sèches » ;

– « Par la présence de nombreuses racines et traces de galeries dans le sol par les vers de terre au-delà de 10-15 cm de profondeur. Ces éléments révèlent l’absence d’une zone de compaction massive ou d’une semelle entre l’horizon 10-15 cm, et permettront de favoriser l’enracinement du colza au-delà de 15 cm de profondeur ».

Des situations différentes selon les types de sols

– Les sols limoneux et les sols très argileux sont « ceux qui présentent aujourd’hui les plus fortes contraintes par le sec, constatent les experts de Terres Inovia. Ils ne permettent pas à ce jour la pénétration efficace d’un outil à disques ou à dents. Le risque majeur est la création de mottes très grossières qui devront être émiettées par la pluie et/ou mécaniquement. Si la structure de sol et les conditions d’implantation de la culture précédente sont satisfaisantes, une préparation limitée aux premiers centimètres sera la stratégie la plus sécurisante, dès lors que les conditions d’humidité du sol le permettront ».

« Les situations d’hydromorphie à la suite des excès d’eau de février pourraient nécessiter une correction de structure plus profonde, mais auront besoin de pluies en quantité significative pour travailler en bonnes conditions. Pour les sols limoneux, un travail pourra être réalisé peu de temps avant le semis si les pluies venaient à revenir tardivement en août. »

– « Les sols sableux et argilo-calcaires ont conservé généralement une porosité plus importante sur l’horizon 0-10 cm, favorisée par un effet de « brûlage » du sol de surface par les fortes températures et les conditions sèches de ces dernières semaines. Ces sols ont permis, ou permettent selon les cultures précédentes, de pouvoir réaliser une première intervention sur l’horizon 0-10 cm. Celle-ci a pour objectif de réaliser un premier mélange des résidus de paille avec de la terre restant relativement fine. Après une pluie suffisante, ils retrouvent plus rapidement une aptitude au travail. Une intervention plus profonde peut alors être envisagée lorsqu’une compaction est réellement identifiée, mais elle doit rester ciblée et répondre à un besoin agronomique clairement établi. »

– En cas d’implantation en semis direct, il est primordial « d’avoir des outils performants pour gérer les résidus pailleux (chasses paille et herse à paille pour répartir les résidus). Les semoirs à dents offrent dans la plupart des situations une meilleure réussite du semis, en positionnant la graine sous le mulch de paille, en contact avec la terre fine. Le mulch protège le sol et limite l’évaporation. L’absence de travail évite la germination des adventices, surtout des dicotylédones, à condition de semer à vitesse réduite (< 6 km/h). Dans ces situations, la croissance précoce est souvent plus lente, ce qui milite pour un semis plus précoce. »