46 % des agriculteurs envisagent d’augmenter leur surface de jachère en 2027


TNC le 19/06/2026 à 16:30
Jachere

Alors que les assolements pour la récolte 2027 sont en cours de construction, il reste beaucoup d'inconnues pour les agriculteurs. (© TNC)

« Comment pensez-vous faire évoluer votre surface en jachère pour la campagne 2026-27 ? » : nous avons posé la question aux lecteurs de Terre-net.

À l’approche de la campagne 2026-27, les arbitrages d’assolement sont complexes dans un contexte marqué par des prix d’intrants très élevés, notamment pour les engrais. « Si une détente des tensions géopolitiques, entre les Etats-Unis et l’Iran, pourrait à terme influencer les marchés, les effets restent pour l’heure incertains », estime Benoît Piètrement, président du conseil spécialisé céréales de FranceAgriMer. De même, « les pistes d’accompagnement de l’Etat ou les évolutions réglementaires (comme pour le MACF) ne sont pas encore concrétisées ».

Cet équilibre fragile complique les décisions pour les assolements de la récolte 2027. « On espère évidemment que les prix des céréales repartent à la hausse », mais en attendant une part croissante d’agriculteurs envisage d’augmenter leur sole de jachère, notamment dans les zones intermédiaires, souligne Benoit Piètrement.

Selon un sondage publié sur Terre-net fin mai (1 747 répondants), ils sont 35 % à souhaiter l’augmenter fortement, 11 % légèrement, la moitié pense ne rien changer, 2 % ont répondu vouloir la réduire fortement et 1 % légèrement.

« Une décision risquée à bien évaluer »

Pour les équipes de Terres Inovia, « la mise en jachère reste une décision risquée à bien évaluer ». Elles rappellent les aspects à intégrer dans la comparaison de marges prévisionnelles entre culture de rente et jachère :

– « Les coûts d’implantation et d’entretien (broyages) de la jachère » ;

– « Une marge brute prévisionnelle d’une culture de rente, même faiblement positive, contribue déjà à rembourser les éventuels emprunts en cours. Réduire la marge brute sur l’exploitation en passant à de la jachère ampute la capacité à rembourser les emprunts et générer du revenu agricole ».

 – « Une réduction de la sole cultivée induit une moindre utilisation du matériel et des outils de stockage et de transformation, et donc une moindre dilution des charges et une baisse de la marge directe ».

« La mise en place d’une jachère ne doit pas réduire le potentiel de production à venir de l’exploitation, elle doit être raisonnée comme un levier agronomique favorable à la fertilité du sol et à la maîtrise de l’enherbement », ajoutent les équipes de l’institut technique.

À noter aussi : « une parcelle qui a été déclarée plus de 5 années consécutives en prairie temporaire ou en jachère (hors jachère déclarée en infrastructure agroécologique ou IAE) devient une prairie permanente, et ce, même si un labour est intervenu entre deux déclarations en prairie temporaire ».

Les cultures à faibles besoins azotés représentent une alternative théoriques intéressante, mais leur développement se heurte parfois à des contraintes agronomiques et climatiques. C’est le cas des protéagineux par exemple. « On voit beaucoup d’agriculteurs qui délaissent ces cultures, les coups de chaud aux mois de mai-juin ne leur sont pas favorables et cela réduit leur attractivité. »