Deux tiers des agriculteurs pensent démarrer la moisson 2026 plus tôt


TNC le 19/06/2026 à 07:06
MoissondesorgesdhiverCrEditphotoPascal21cor

La moisson 2026 a-t-elle démarré dans votre secteur ? Ou quand pensez-vous attaquer ? N'hésitez pas à partager votre situation dans les commentaires en dessous de l'article. (© @Pascal21cor/Banque d'images FranceAgriTwittos)

« Quand pensez-vous lancer la moisson 2026 ? » Nous avons posé la question aux lecteurs de Terre-net. Pour la majorité d’entre eux, 66 % exactement, ce sera « plus tôt qu’habituellement », elle a déjà démarré pour certains d'ailleurs. 31 % des votants ont répondu dans les mêmes dates et 3 % plus tard.

Installé au nord d’Angoulême (Charente), Olivier Giraud fait partie des 66 % des agriculteurs qui démarrent la moisson 2026 plus tôt d’habituellement, selon le sondage Terre-net (1 618 votants).

Chez lui, cela a commencé la semaine dernière avec les pois d’hiver. « Les résultats vont de 25 à 35 q/ha. On est plutôt autour des 45-50 q/ha habituellement, observe l’agriculteur charentais. C’est très moyen cette année et le coup de grâce, ce sont les prix de marché ! »

Dans la Drôme, la récolte des colzas a démarré début juin pour Gaël Blard. « Nous avons andainé une semaine avant afin d’homogénéiser la maturité de la parcelle », explique le producteur sur sa chaîne Youtube. Il se dit « déçu des résultats pour le moment. En colza bio, on fait 20,8 q/ha, une partie de la parcelle a décroché… ».

David Forge, en Indre-et-Loire, vient d’attaquer la récolte des orges, à 13,9 % d’humidité. En Charente, Olivier Giraud attend le retour du beau temps pour se lancer dans les orges d’hiver, dont le cycle a aussi été accéléré par le coup de chaud survenu fin mai. Un épisode sans précédent, par son intensité, sa durée et sa précocité.

« Un scénario inédit »

« Il a suivi un coup de sec en avril, heureusement on a reçu 50 à 60 mm entre les deux, mais ce n’est pas le cas partout, on a eu des orages », précise l’agriculteur. « C’est un scénario climatique qu’on n’a encore jamais vécu, donc c’est difficile de savoir ce qui nous attend. »

« Malgré la multiplication des vagues de chaleur ces dernières années, les effets des fortes températures sur les cultures restent difficiles à quantifier, commentent aussi les équipes d’Arvalis. Les réponses des plantes varient selon les stades et les processus physiologiques. Des travaux de recherche en conditions contrôlées permettent d’isoler l’impact de ce type de stress, mais il est difficile de valider ces effets en conditions réelles, toutes choses n’étant pas égales par ailleurs. »

« Dans l’ensemble, le coup de chaud est survenu pendant le remplissage des grains des céréales à paille, une phase clé pour leur qualité. Si les fortes températures peuvent accroître la teneur en protéines, elles peuvent aussi dégrader la qualité, avec des effets possibles sur le gluten et les propriétés boulangères, précisent les équipes de l’institut technique. Elles favorisent aussi la formation de grains plus petits, susceptibles d’affecter le poids spécifique. »

« En ce qui concerne le temps de chute d’Hagberg, les mécanismes restent complexes : la chaleur limite l’installation de la dormance mais pourrait également réduire l’activité des enzymes impliquées dans la dégradation de l’amidon. »