Les producteurs de grandes cultures inquiets après le vote du texte sur le cadmium
TNC le 05/06/2026 à 16:46
Votée le 4 juin par les députés, la proposition de loi écologiste visant à réduire l’exposition au cadmium ne passe pas pour les céréaliers, les betteraviers et les producteurs de pommes de terre. En abaissant les seuils de cadmium dans les engrais phosphatés, le texte engendrerait une nouvelle distorsion de concurrence, expliquent-ils.
La proposition visant à limiter l’exposition de la population au cadmium a été adoptée jeudi en première lecture par l’Assemblée nationale, à 144 voix pour et 22 contre. Mais pour les associations représentatives des grandes cultures (AGPB, AGPM, CGB, FOP, UNPT), cette large majorité ne constitue « ni une victoire de la science, ni une victoire de la santé publique », dénoncent-ils dans un communiqué.
« La France s’impose des contraintes que ses voisins refusent »
Les syndicats regrettent que les députés aient adopté des seuils propres à la France, et plus restrictifs que le seuil européen fixé à 60 mg de cadmium/Kg de P₂O₅ (pentoxyde de phosphore). Le Gouvernement, qui soutenait une trajectoire de réduction plus douce, n’a pas eu gain de cause, puisque l’Assemblée a voté pour un seuil de 40 mg/kg dès 2027 puis de 20 mg/kg à partir de 2030.
« La France s’impose des contraintes que ses voisins refusent », déplorent les organisations, qui rappellent à titre d’exemple que les analyses réalisées sur la filière pomme de terre « démontrent une teneur moyenne de 0,026 mg/kg dans les tubercules, soit près de quatre fois inférieure à la limite réglementaire européenne ». La nouvelle réglementation rajouterait des contraintes et de la « culpabilisation », alors que les agriculteurs français appliquent déjà les standards les plus élevés au monde, expliquent les producteurs.
Les syndicats appellent désormais le Sénat à rejeter le texte et à ne pas rajouter de surtranspositions franco-françaises, alors que la profession n’a de cesse de réclamer des simplifications pour le secteur agricole.