Face à un été trop précoce, des pratiques bousculées dans les champs
AFP le 26/05/2026 à 05:15
La chaleur exceptionnelle relevée en France pour un mois de mai met à mal les habitudes dans les exploitations agricoles.
Les températures élevées et le « printemps doux et pluvieux » ont accéléré la floraison de certains cépages « de quinze jours », selon Jean-Louis Portal, viticulteur et maraîcher à Meynes, dans le Gard, qui juge « probable que les vendanges des cépages blancs commencent début août, plutôt qu’après le 15 août comme l’an dernier. »
Précocité similaire pour les abricots de Benjamin Boisson, arboriculteur à Beaucaire (Gard), qui a démarré la récolte dès le 1er mai, soit cinq jours plus tôt que prévu. « Cela peut paraître peu, or, ça change tout. La grande distribution n’était pas prête et continue de vendre les abricots d’Espagne alors qu’elle aurait dû basculer sur la France », souligne-t-il.
A la même période l’an dernier, le kilo d’abricot se vendait à 4 euros, contre 2,50 euros aujourd’hui, explique l’agriculteur.
Cette vague de chaleur intervient après une phase beaucoup plus fraîche et il faut désormais composer avec des changements de températures brutaux qui provoquent une forte baisse de la production, explique-t-il.
Les élevages sont eux « passés en mode été », régulant la ventilation pour le confort des bêtes, note Michel Larrère, président de la FDSEA des Landes. « Il faut surtout gérer les heures les plus chaudes de l’après-midi ».