Les estimations de stocks mondiaux de blé et maïs relevées
AFP le 10/04/2026 à 09:25
Le ministère américain de l'agriculture (USDA) a revu à la hausse jeudi ses projections de stocks de fin de campagne pour le blé et le maïs à l'échelle mondiale en raison d'ajustements sur la production et la consommation, dans le cadre de son rapport mensuel Wasde.
« Le vrai gros point à noter » de ce rapport, « c’est quand même la confirmation de la lourdeur sur le marché des céréales », remarque auprès de l’AFP Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France.
L’USDA a ajouté pour la fin de campagne actuelle 6,1 millions de tonnes aux réserves mondiales de blé, qui atteindraient un niveau plus vu depuis des années. La réévaluation à la hausse de la production européenne en est l’une des raisons.
« Là où l’on s’attendait un petit peu à des ajustements qui ont été confirmés, c’est sur l’Inde », note M. Le Molgat, avec notamment « une baisse de consommation » qui fait gonfler les stocks du pays.
Côté maïs, les réserves mondiales de début de campagne ont été relevées, entraînant dans leur sillage une augmentation des stocks finaux. « Ce sont des ajustements de fin de campagne, pas une tendance lourde », souligne auprès de l’AFP Damien Vercambre, de la société Inter-Courtage, ce qui explique l’absence de réaction du marché à la publication de ce rapport.
Baisse des stocks de soja
Le soja est le seul à contre-courant : il perd lui un peu plus de 500 000 tonnes sur ses stocks de fin de campagne à l’échelle mondiale, en raison notamment d’une hausse de la consommation.
« On a quand même une belle activité de trituration (transformation en huile) qui augmente d’à peu près 1,5 million de tonnes », détaille M. Le Molgat.
Autre point d’attention : les exportations de soja américain ont été revues à la baisse, d’environ un million de tonnes. Cet indicateur est très suivi depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la Chine ayant délaissé le soja américain en raison de la guerre commerciale lancée par le républicain.
« Vu l’actualité géopolitique qui accompagne ce rapport, ce n’est pas lui qui va être un déterminant », relève M. Vercambre.
La guerre au Moyen-Orient a relativement épargné les marchés agricoles, mais le secteur reste touché par la hausse du prix des carburants et des engrais.