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Mai 2026
Agriculture ou forêt : l’usage des terres évolue en profondeur
Académie de l'agriculture de France
« Agriculture ou forêt : l’usage des terres évolue en profondeur »
Informations générales :
Le 20 mai à 14h30
Séance organisée par la sections 4, 9 et 10.
Sur le temps long, l’espace rural est soumis à de profondes transformations. Si l’appareil statistique a parfois du mal à saisir précisément les évolutions correspondantes, il permet néanmoins d’affirmer que les espaces artificialisés et les forêts se sont étendus au cours de dernières décennies au détriment des sols agricoles ainsi que des friches et landes.
La loi ZAN(1), qui affirme la volonté nationale de stopper l’artificialisation des sols, concerne au premier chef les espaces urbanisés et les grandes infrastructures. Cette séance abordera le phénomène moins médiatisé de la réduction des surfaces agricoles cultivées et de l’extension concomitante des forêts, en s’efforçant d’évaluer ses conséquences.
Du côté agricole, après une phase de forte intensification des pratiques qui a libéré des terres, la politique agricole commune de l’Union européenne met aujourd’hui l’accent sur le compromis entre productivité et résilience, développe des actions favorables à l’environnement et au climat, promeut le renforcement du tissu socio-économique des zones rurales. Ces orientations sont de nature à freiner la déprise agricole. Cependant, les situations sont très variables selon les secteurs et les régions. Le secteur de l’élevage des ruminants est en difficulté avec la baisse de la consommation de viande, la faiblesse des prix du lait et du revenu des éleveurs, la réduction du nombre d’exploitations. Dans de nombreuses régions, notamment en moyenne montagne, la poursuite de la régression de l’élevage de plein air est susceptible de « libérer » des surfaces importantes de prairies. Évolueront-elles vers la forêt ou vers d’autres cultures que l’herbe ? De son côté la viticulture, globalement en surproduction, connaît aussi une réduction de ses surfaces. La reconversion des vignobles n’est pas simple : passera-t-elle, au moins en partie par la forêt ? Dans tous les cas des évolutions profondes de l’espace rural sont déjà en cours et pourraient s’accélérer.
De son côté, la surface des forêts a progressé régulièrement, de l’ordre de 80 à 90 000 hectares chaque année, depuis les années 1980. La surface de forêts est ainsi passée de 14,1 à 17, 6 millions d’hectares de 1985 à 2024, conduisant à un taux de boisement en France métropolitaine de 32% en 2024. Si les plantations étaient importantes jusqu’à la fin des année 1990, l’extension forestière se fait désormais essentiellement par colonisation naturelle et progressive de friches installées sur des terres antérieurement abandonnées par l’agriculture ou l’élevage. Ces « accrues forestières » devenant progressivement de « nouvelles forêts » sont nombreuses en moyenne montagne et dans la moitié sud du pays. Constituées de petites parcelles, elles ne sont pas faciles à gérer, surtout dès que leur propriétaire ne réside plus à proximité. En général, leur composition en espèces, leur structure, leur évolution ne sont pas maitrisées. Le passage d’espaces ouverts à des couverts forestiers peut se traduire par une baisse de la biodiversité. L’absence de gestion peut les rendre sensibles au risque incendie. La fonction de « pompe à carbone » y est donc non optimale, voire menacée. A contrario, l’abandon de l’agriculture entraine l’arrêt du travail du sol et de l’apport d’intrants. Un fort courant de pensée se développe dans une partie de la société en faveur de la « non gestion » au bénéfice de forêts laissées en « libre évolution ». Peut-on imaginer de passer d’une expansion forestière constatée passivement à une véritable mise en valeur de ces « nouvelles forêts » ? Ne faudrait-il pas leur faire une place adéquate dans la politique forestière nationale ?
Chaque groupe de professionnels à tendance à aborder ces questions « depuis sa fenêtre ». L’ambition de cette séance publique est de dessiner un tableau plus complet et de susciter des propositions pour une gestion des espaces ruraux qui soit intégrée et prépare l’avenir le mieux possible.
Animateur(s) : Bernard ROMAN-AMAT Claire HUBERT Hervé LEJEUNE, CGAAER : La réalité des terres abandonnées par l’agriculture (notamment d’après le rapport N°21131p, novembre 2023, du CGAAER).
Programmation :
Introduction
Hervé LEJEUNE , CGAAER : La réalité des terres abandonnées par l’agriculture (notamment d’après le rapport N°21131p, novembre 2023, du CGAAER).
Claire HUBERT, Bernard ROMAN-AMAT
Exposé(s)
Les « nouvelles forêts » vues par l’Inventaire Forestier National
Antoine COLIN , IFN – IGN
Prairies et élevage d’herbivores : un lien qui se distend, quelles perspectives ?
Christophe PERROT de l’Institut de l’Élevage
Arrachage de vignes et plantation de pins : l’exemple aquitain
Stéphane GABARD, Représentant l’interprofession des vins de Bordeaux (CIVB) et Tancrède NEVEU, Coopérative forestière ALLIANCE
Conclusion
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