Une floraison « contrastée et poussive » des colzas dans certains secteurs
TNC le 27/03/2026 à 17:09
Quels facteurs peuvent expliquer les défauts de floraison de certains colzas à ce jour ? Les experts régionaux de Terres Inovia dressent un premier point.
« De l’Ouest de l’Île-de-France jusqu’en Normandie, le démarrage de la floraison du colza a pu être précoce, mais il demeure depuis 10 jours contrasté et poussif », note Jean Lieven, ingénieur régional de l’institut technique, au 27 mars. « Pour expliquer la progression difficile depuis le 20 mars, les coupables souvent désignés sont les larves d’altises, en place dans de nombreux champs depuis novembre, puis les méligèthes arrivés brusquement fin février et souvent difficiles voire impossibles à maîtriser. »
À 100 km plus au sud , la chanson est tout autre !
Le combo de nos amis 🪲🐛 est au complet !
– Date 1er apport N tardive
– Amplitudes thermiques +
– Gel matinal https://t.co/siYZwtgAE1pic.twitter.com/aJQxKezzVE— Pierre-Alexis Marre 🌾🌻🌽 (@PierreA_Marre) March 25, 2026
« De fortes amplitudes thermiques »
En Bourgogne, « des colzas ont même été retournés, il y a 2-3 semaines, à cause des dégâts de larves d’altises et des défauts d’implantation », indique Vincent Vaccari, responsable technique au sein de l’Alliance BFC*.
« Les colzas ont redémarré très tôt cette année et connaissent de fortes amplitudes thermiques », observe aussi Mathieu Loos, ingénieur régional Terres Inovia pour le Centre. « Après un cumul de températures hors normes de janvier à mars, c’est désormais un ressenti hivernal et des gelées matinales qui déstabilisent le rapport habituel offre/demande climatique pour la culture. Le colza a donc du mal à être en phase avec les conditions du milieu, précise Jean Lieven. Les effets sont d’autant plus visibles après les agressions des ravageurs a fortiori pour les parcelles ayant bénéficié tardivement des premiers apports minéraux. »
« Patience, des mécanismes de compensation se mettront en place dans la plupart des cas », assure toutefois l’expert. « Il faut que les voyants soient au vert pour la suite du cycle, mais le colza a de forts pouvoirs de compensation », rassure également Mathieu Loos.
Petit vent frais
Ciel bleu et ensoleillé 😎Tour des colzas : le gel ne m’inquiète pas mais il va falloir un coup de pouce météo pour repartir en floraison après cette grêle du Chablisien. @ici_auxerre
15-20mm 🌧️ par exemple @meteo_89@terresinovia
1/2 pic.twitter.com/bt52CEFHlK— Emmanuel BONNIN (@BONNIN1402) March 27, 2026
Comment raisonner la protection fongicide dans ce contexte ?
Les experts de l’institut technique rappellent que « la gestion du sclérotinia reste strictement préventive. Sur colza homogène, le traitement unique au stade G1 est la référence. C’est le meilleur compromis pour limiter les contaminations, les pétales étant le principal vecteur de contamination ».
« Les stratégies à double traitement (2e traitement 10-15 jours après le stade G1) sont plutôt à réserver aux situations de stades très hétérogènes (décalages de 10-15 jours entre plantes) qui nécessitent une protection étalée dans le temps. Les références sont moins nombreuses qu’en situation homogène, mais par extrapolation, il est possible de diminuer la dose de certains produits de 30 à 50 % de la dose AMM pour maîtriser au mieux les charges toute en limitant le risque sclerotinia. »
*Alliance BFC : Union des coopératives Bourgogne du Sud, Dijon Céréales et Terre Comtoise.