Crise du cacao : des producteurs ivoiriens menacent de faire grève
AFP le 26/03/2026 à 19:03
Des producteurs ivoiriens de cacao ont menacé jeudi de faire grève si l'État ne récupère pas comme convenu les stocks de fèves entassés dans les coopératives depuis plusieurs mois, dans un contexte de crise de la filière chez le premier producteur mondial d'« or brun ».
Depuis plusieurs mois, le secteur du cacao en Côte d’Ivoire, qui représente 14 % du PIB, fait face à des exportations au ralenti, sur fond de problèmes de liquidités des acheteurs et de baisse des cours mondiaux. Après avoir battu des records fin 2024, les cours du cacao ont commencé à dévisser à l’été 2025, notamment en raison du retour d’une production abondante après des années de pénurie.
Or le prix d’achat, fixé par l’État en Côte d’Ivoire, a dans le même temps atteint des sommets à 2 800 francs le kilo (4,27 euros) début octobre, et est rapidement devenu trop cher par rapport au marché. Début mars, il a été réduit de près de 60 % à 1 200 francs (1,82 euro) le kilo pour tenter d’enrayer la crise.
Mais entre-temps, quelque 100 000 tonnes de cacao se sont entassées dans les entrepôts des coopératives, selon les estimations du gouvernement, qui s’était engagé en janvier à les racheter au prix de 2 800 francs. Pour de nombreux producteurs, le compte n’y est pas et selon les organisations professionnelles, 60 000 tonnes doivent toujours être rachetées.
« Si les 60 000 tonnes de cacao ne sont pas enlevées au plus tard fin mars, les producteurs de Côte d’Ivoire se réservent le droit d’entrer en grève générale sur toute l’étendue du territoire national », ont menacé jeudi plusieurs organisations de producteurs lors d’une conférence de presse à Abidjan.
Le secrétaire général de l’Organisation nationale des producteurs de café-cacao de Côte d’Ivoire (ONPCC), Thibeaut Yoro, a précisé à l’AFP que cette grève se traduirait concrètement par un arrêt de travail des acteurs de la filière et des ventes du cacao récolté.
Fin février, le ministre de l’agriculture, Bruno Koné, affirmait que 64 000 tonnes avaient déjà été achetées et que le reste était « en cours d’enlèvement ». Contacté par l’AFP, le directeur du Conseil café cacao (CCC), l’organe étatique qui régule le secteur, Yves Brahima Koné, n’avait pas répondu dans l’immédiat jeudi après-midi.