Accord UE-Australie : la FNSEA dénonce un « Mercosur bis »
AFP le 26/03/2026 à 11:00
L'alliance syndicale FNSEA et Jeunes Agriculteurs a déploré mercredi un accord commercial UE-Australie selon elle « profondément asymétrique et dévastateur pour l'agriculture française et européenne », un accord au « gain important pour beaucoup de secteurs économiques français » selon le gouvernement.
Pour les deux syndicats, dont l’alliance domine le syndicalisme agricole, « la Commission européenne persiste dans sa politique de démantèlement de notre outil de production agricole ». « Cet accord n’est, ni plus ni moins, qu’un « accord Mercosur bis » en donnant l’accès à des produits agricoles qui ne respectent pas nos normes de production tout en brandissant une clause de sauvegarde dont l’application apparaît largement illusoire », dit leur communiqué.
« Nous demandons au gouvernement français de rejeter officiellement cet accord. Nous l’appelons également à porter à Bruxelles l’initiative de la définition d’une vision globale » de la production agricole européenne, ajoutent-ils.
La veille, la Confédération paysanne a appelé « à se mobiliser dans les prochains jours ». Le 3e syndicat agricole a accusé la Commission d’un nouveau « passage en force antidémocratique », après l’application provisoire de l’accord UE-Mercosuralors qu’un avis de la Cour de justice de l’UE est encore attendu.
Interrogé mercredi à l’Assemblée nationale, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot est apparu prudent.
« De ce que nous comprenons à ce stade, la suppression des tarifs douaniers existants avec l’Australie représenterait un gain important pour beaucoup de secteurs économiques français, dont certains se sont déjà exprimés favorablement, notamment dans l’agroalimentaire, les vins et spiritueux et les produits laitiers. Par ailleurs dans le contexte de tension sur les chaînes de valeur des industries de la transition écologique, l’accord constitue une opportunité de sécuriser un accès privilégié aux minerais critiques australiens », a-t-il dit.
Selon lui, la France a « fait valoir » ses « sensibilités agricoles » : les viandes et le sucre. « La Commission a manifestement tenu ses engagements sur les volumes de produits concernés alors que nos agriculteurs craignaient des chiffres beaucoup plus élevés compte tenu des demandes australiennes », a-t-il ajouté.
Une « montée progressive des volumes » exemptés de droits de douane européens et « une clause de sauvegarde spéciale et opérationnelle » sont par ailleurs prévues, a encore dit le ministre, assurant que le gouvernement continuerait « à exercer (une) vigilance maximale sur la protection des filières agricoles ».
L’Australie et l’UE ont signé mardi un vaste accord commercial incluant des quotas détaxés de viande bovine et ovine et sucre australiens, au grand dam des organisations agricoles européennes.