La souveraineté alimentaire, priorité des agriculteurs comme des consommateurs
TNC le 16/03/2026 à 16:38
Croisant les avis des producteurs et des citoyens, le baromètre 2026 d’Agri-éthique met en avant des préoccupations partagées concernant la dépendance aux importations, et l’importance de prioriser la souveraineté alimentaire.
Si les agriculteurs mettent en avant, depuis plusieurs années, l’importance stratégique de renforcer la souveraineté alimentaire française, cette idée trouve un large écho au sein de la population. Le baromètre 2026 d’Agri-Ethique, réalisée n association avec Toluna Harris Interactive, indique ainsi que pour 95 % des Français, ce sujet est jugé important ou prioritaire.
87 % des Français (et 82 % des agriculteurs) estiment également que la France est trop dépendante des importations alimentaires, et surtout, 54 % pensent que la production nationale ne suffit pas à nourrir la population. C’est également le cas pour 49 % des agriculteurs.
Le revenu des agriculteurs, principal levier d’action
Quant aux leviers d’action, seulement 11 % des agriculteurs croient en la capacité de l’État à assurer la souveraineté alimentaire. Les consommateurs jugent de leur côté, à 91 %, qu’il est responsable de cette souveraineté, mais ils ne sont que 32 % à lui faire confiance pour y parvenir, révèle le baromètre.
Pour 89 % des agriculteurs et 88 % des Français, c’est en tout cas le prix payé aux producteurs qui permettra de renforcer la souveraineté alimentaire. Pour les agriculteurs, il s’agit surtout de garantir une visibilité économique, alors que 93 % d’entre eux considèrent la volatilité des prix comme un problème majeur. 88 % des producteurs souhaitent ainsi des contrats pluriannuels avec prix et volumes garantis, et se disent prêts à se déconnecter des prix du marché des matières premières. Ils seraient 50 % à accepter de signer un contrat à prix stable même en période de hausse des cours du marché.
Partageant ce constat, 79 % des Français se disent prêts à payer 3 à 5 % de plus sur le panier alimentaire afin de soutenir un modèle agricole plus durable. 56 % des consommateurs utilisent les labels pour vérifier l’origine des produits.
Les enquêtes ont été réalisées par téléphone du 20 janvier au 5 février auprès de plus de 305 agriculteurs, et en ligne du 23 au 27 janvier auprès de 1 058 personnes représentatives de la population française.