Trois éleveurs et un même objectif : gagner du temps
TNC le 16/03/2026 à 10:07
Pâturage, automatisation, monotraite : ces éleveurs du Cantal ont changé leurs méthodes de travail pour gagner du temps au quotidien. La chambre d’agriculture du Cantal diffuse leurs témoignages en vidéos.
Automatisation et séchage en grange
L’exploitation de Richard Rodier, située à 710 m d’altitude sur 105 ha de SAU, est passée d’un système maïs assez intensif à un système 100 % foin avec du séchage en grange. Plus de maïs dans l’assolement, aujourd’hui la ferme compte 35 ha prairies temporaires, 10 de céréales et le reste en prairies naturelles. « C’est moins de travail à la période des semis, il n’y a plus le silo à gérer, c’est moins d’astreinte. » L’éleveur complète aussi : « On a adhéré à la STG Lait de foin avec interdiction de donner du fourrage conservé, ce qui a simplifié notre travail. »
Monotraite et transformation laitière
Yannick Navarro est éleveur laitier à 750 m d’altitude. Il trait 70 Montbéliardes dont le lait est transformé en AOP Cantal et AOP Salers. « Quand mes parents sont partis à la retraite fin 2022, il a fallu se réorganiser pour continuer. On est passés en monotraite, on trait qu’une fois par jour le matin, ce qui veut dire qu’on fabrique le fromage qu’une seule fois par jour aussi. Ça nous a allégé le travail et nous permet de concilier notre métier et notre vie de famille à côté. »
Ce changement a été plus facile à vivre pour les vaches que pour l’éleveur qui se souvient : « J’ai mis une petite année à m’y faire et j’ai même repris la traite le soir pendant deux semaines l’hiver dernier. J’avais du mal à accepter le fait de faire perdre à nos vaches le potentiel qu’elles avaient à produire. Mais je me suis rendu compte que c’était plus facile d’accepter que les vaches perdent du lait que de ne pas réussir à faire le travail comme il faut. » Et cela a permis à l’éleveur de se dégager du temps : « On s’impose au minimum une bonne semaine l’été, un week-end de temps en temps, mais on a aussi les après-midi beaucoup plus libres depuis la monotraite. »
Pâturage tournant en Salers
Chez Stéphane Chanut, 40 vaches Salers et leurs veaux pâturent les 50 ha de SAU tout en herbe. Mais Stéphane a revu son système de pâturage pour le rendre tournant : « L’idée est d’avoir une herbe de bonne qualité pour les animaux. C’est aussi une question pratique : le matin quand j’arrive, elles sont dans un bloc où elles ont déjà mangé et sont tranquilles. J’ai moins la contrainte horaire qu’avant et c’est plaisant de savoir qu’elles vont manger un truc au top tous les jours. »