Laits infantiles: lancement d’une mission flash pour évaluer la réponse de l’Etat
AFP le 11/03/2026 à 11:58
Une mission « flash » sur les laits infantiles, chargée d'évaluer « la responsabilité des multinationales » et « la stratégie de l'Etat », va être lancée à la reprise des travaux parlementaires, a annoncé mercredi à l'AFP la députée Mathilde Hignet (LFI-NFP), co-rapporteure de la mission.
A l’initiative de la commission des affaires sociales, cette mission « flash » – qui devrait débuter ses auditions fin mars – fait suite aux vastes rappels en cours de laits infantiles contaminés depuis plus de deux mois. En France, trois décès ont été signalés parmi des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels, ainsi qu’une dizaine d’hospitalisations.
Aucun lien de cause à effet n’a encore été identifié, mais la toxine céréulide, au coeur des rappels et qui peut provoquer des vomissements dangereux chez un nouveau-né, a été repérée fin février dans des échantillons prélevés chez un bébé hospitalisé pour la première fois. « Il y a le volet industriel mais aussi la réactivité de l’Etat », a expliqué la députée, pour qui cette mission devra éclaircir « pourquoi il y a eu autant de délais » entre les premiers rappels et les premières informations données aux familles.
Alors que l’affaire des laits infantiles a débuté en décembre, avec d’abord le rappel par Nestlé de dizaines de lots dans une soixantaine de pays à cause de la présence potentielle de céréulide, la France a attendu plusieurs semaines avant de transmettre aux soignants et hôpitaux des critères justifiant une alerte. Plusieurs familles ont accusé frontalement la France d’appliquer une politique de surveillance qui minimise, par son manque d’ambition, la réalité des conséquences sanitaires.
Des associations ont aussi engagé des actions en justice face à l’Etat et aux industriels, dénonçant notamment des rappels trop tardifs. Les industriels « pour qui il y a eu des rappels de lots comme Lactalis, Nestlé, Vitagermine, etc » seront donc auditionnés par cette mission, tout comme les autorités sanitaires, « le ministère de la santé, de l’agriculture, l’Anses », ainsi que des associations comme le collectif Intox’Alim, a détaillé Mme Hignet.
La députée, qui travaillera avec le député Michel Lauzzana (Ensemble pour la République), a également lancé un appel à témoignages destiné « aux parents dont l’enfant a été malade après avoir consommé du lait infantile, ayant fait l’objet de rappel ou non ». « L’idée est aussi de pouvoir rassurer les familles et répondre à leurs inquiétudes », a insisté Mme Hignet. Le rapport de la mission devrait être rendu d’ici juin.