Marché mondial du sucre : des prix sous pression baissière, mais attendus « stables »
TNC le 05/03/2026 à 10:00
Le marché mondial du sucre s’oriente vers un léger excédent sur 2025/26, selon l’Organisation internationale du sucre (Iso), qui anticipe une stabilité des prix à court terme. Mais entre forte pression spéculative, stocks serrés et incertitudes sur la production de grands pays exportateurs, l’équilibre du marché demeure fragile.
Dans son rapport trimestriel de fin février dédié aux perspectives de marché, l’Organisation internationale du sucre (Iso) confirme le basculement du marché mondial du sucre vers un léger excédent sur la campagne 2025/26, déjà évoqué dans son rapport de novembre 2025.
L’organisation table désormais sur un excédent (écart entre la consommation et la production mondiales prévues) de 1,22 Mt, contre 1,63 Mt estimés en novembre.
La production mondiale sur 2025/26 atteindrait 181,29 Mt, « soit une hausse de 5,23 Mt par rapport à la campagne précédente, mais seulement 0,19 Mt au-dessus du niveau de 2023/24 ». Une progression liée à une augmentation de la production en Inde, en Thaïlande et au Pakistan. La consommation mondiale atteindrait 180,07 Mt sur 2025/26, contre 179,52 Mt sur 2024/25 et 181,21 Mt sur 2023/24, un record.
Les échanges mondiaux de sucre devraient rester globalement stables cette campagne, avec des disponibilités à l’export anticipées à 64,32 Mt (64,8 Mt sur 2024/25) et une demande à l’import estimée à 63,22 Mt (64,73 Mt sur 2024/25). D’où un excédent commercial de 1,1 Mt, « conforme à l’équilibre production/consommation ».
Malgré cette situation excédentaire du marché, le calcul par l’Iso du ratio stocks/consommation, prenant en compte les pertes au raffinage, est attendu à moins de 42,4 %, soit un plus-bas depuis quinze ans. Autrement dit : le niveau de réserves face aux besoins potentiels est très limité.
En ce qui concerne les prix mondiaux du sucre, l’Iso souligne qu’ils sont descendus en février à leur plus bas niveau sur cinq ans, passant sous 14 cents US/lb (prix mensuels moyens ISA). La plupart des grands marchés domestiques ont enregistré des baisses ou une stagnation des prix entre novembre et janvier, sauf la Russie et le Mexique.
L’organisation souligne aussi un facteur financier majeur : les investisseurs spéculatifs ont établi une position vendeuse brute et nette record sur le marché du sucre brut à New York, ce qui traduit un consensus baissier et contribue à maintenir des prix bas à court terme.
Elle anticipe une stabilité des prix mondiaux pour les trois mois qui viennent, car le déficit de 2024/25 a été en partie résorbé grâce à la mise en marché de stocks en Inde, tandis que l’excédent prévu pour 2025/26 reste trop modeste pour influencer significativement les prix à la baisse.
Mais plusieurs facteurs peuvent encore modifier la donne : les stocks historiquement bas, une offre plus faible que prévu en Inde ou en Thaïlande, et les incertitudes autour de la part de canne à sucre qui sera allouée au sucre plutôt qu’à l’éthanol dans la région Centre-Sud du Brésil. Ces éléments pourraient « entraîner une liquidation des positions spéculatives ou une hausse des prix ».