Application provisoire du Mercosur : un « déni de démocratie » pour les syndicats agricoles


AFP le 27/02/2026 à 14:30

Les syndicats agricoles français ont dénoncé vendredi à l'unanimité un « déni de démocratie » dans la décision de l'Union européenne d'appliquer provisoirement l'accord commercial avec le Mercosur, la FNSEA et la Coordination rurale en appelant au président Emmanuel Macron.

« C’est un déni de démocratie. La présidente de la Commission (européenne), Ursula von der Leyen, s’assoit sur le Parlement de manière très claire, et d’ailleurs aussi sur la Cour de justice de l’Union européenne », a réagi au Salon de l’agriculture Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, le syndicat dominant du secteur.

« J’appelle le président de la République à réagir fortement à cette décision qui vient d’être prise parce que l’idée que nous nous faisons à la FNSEA de la construction européenne est loin de ce qui est en train de se passer », a-t-il déclaré à la presse, estimant « même que la légitimité de Mme von der Leyen avec cette action est remise en cause ».

Le principal lobby agricole européen, le Copa-Cogeca, se réunira dans les jours à venir pour décider quelle réponse apporter, mais « qu’elle (Mme Von der Leyen) se rassure, on continuera à être mobilisés parce que ni hier, ni aujourd’hui, ni demain, ce qui se passe en Europe n’est acceptable pour nous ».

Président des Jeunes agriculteurs (JA), Pierrick Horel a exprimé sa « colère, (sa) stupeur », c’est « un petit séisme en Europe », dit-il, annonçant « une réaction vigoureuse certainement du monde agricole européen ».

Cette annonce en plein Salon, le grand rendez-vous annuel des agriculteurs en France, « c’est une trahison supplémentaire », a réagi le secrétaire général de la Coordination rurale, François Walraet. « Pour le Mercosur tous les moyens sont bons pour le faire appliquer et la saisine de la cour de justice n’est même pas un frein. (…) On sent bien que la France n’a plus aucun poids, c’est l’Allemagne qui décide. C’est un déni de démocratie incroyable. »

Pour la Confédération paysanne, « on assiste de plus en plus à une prise de pouvoir de la Commission européenne, on sent le parlement très isolé et on met à mal tous les outils démocratiques de l’Europe (…). Trump nous mène droit dans le mur, et on sent bien que l’Europe prend le même chemin, » a réagi sa porte-parole Fanny Métrat.

Le Parlement avait saisi la justice de l’UE afin de vérifier que l’accord avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay était conforme aux traités européens, une procédure censée prendre plusieurs mois.

La Commission européenne avait toutefois la possibilité d’appliquer l’accord de façon temporaire, après la ratification par de premiers pays du Mercosur, ce que l’Argentine et l’Uruguay ont fait jeudi.