Seules 35 % des terres sont officiellement enregistrées dans le monde
AFP le 26/02/2026 à 09:05
Seules 35 % des terres sont officiellement documentées (droits de propriété, de gestion ou d'usage) dans le monde et 1,1 milliard de personnes sont en insécurité foncière, un sentiment en hausse, d'après une étude publiée mercredi.
L’étude menée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Coalition internationale pour l’accès à la terre (ILC) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad, dont le siège est en France) dresse un premier bilan de la détention des terres dans le monde.
Dans la pratique, 28 % des terres (soit 3,7 milliards d’hectares) sont possédées et gérées par des États, 18 % (2,4 milliards d’hectares) relèvent de la propriété privée (personnes physiques ou morales), 2 % est géré dans le cadre des dispositifs d’actifs privés des États et 42 % (5,5 milliards d’hectares) sont des terres coutumières (les réserves, les terres de clans…). La propriété de quelque 10 % des terres reste inconnue.
Sur ces 5,5 milliards d’hectares, seul 1 milliard fait l’objet de droits de propriété légalement inscrits. Or sans reconnaissance officielle, ces terres sont menacées. Les systèmes fonciers coutumiers sont principalement présents en Afrique subsaharienne où ils représentent 73 % des terres. Dans la plupart des pays, la part d’adultes qui possèdent des documents officiels de propriété reste bas, note l’étude consultée par l’AFP.
L’insécurité foncière progresse de 4 % en 4 ans
Surtout, « environ 1,1 milliard de personnes, soit près d’un quart de la population mondiale adulte, considèrent probable l’hypothèse selon laquelle ils pourraient perdre leurs droits sur tout ou partie de leurs terres et de leur habitation dans les cinq prochaines années », relèvent les organisations dans un communiqué, soulignant que « ce chiffre a sensiblement augmenté ces dernières années ».
Ce sentiment d’insécurité foncière est passé de 19 à 23 % de 2020 à 2024. « C’est l’une des formes d’inégalité les plus délétères. Elle se manifeste par une moindre productivité, une moindre résilience et une mauvaise nutrition », selon Maximo Torero Cullen, chef économiste de la FAO, cité dans le communiqué.
10% des propriétaires terriens exploitent 89 % des terres agricoles, note encore l’étude, précisant que l’Amérique du Nord, l’Amérique latine et les Caraïbes ainsi que l’Océanie sont les régions où la répartition des terres est la plus concentrée. L’étude a agrégé les données de sources diverses (gouvernementales, recherches, société civile), allant d’études portant sur une cinquantaine de pays à des études couvrant une centaine de pays. Il n’a pas été possible d’agréger des données pour la totalité des pays de la planète.