Les viandes blanches présentent un plan commun à horizon 2035
AFP le 24/02/2026 à 07:52
Les filières de la volaille, des œufs, du foie gras, du porc et du lapin ont publié lundi un plan « commun » pour assurer la « souveraineté alimentaire » de la France sur les viandes blanches, et demandé des « simplifications » au gouvernement.
Leur manifeste de 15 mesures, intitulé « reconquête et maintien », prévoit au moins 9,5 milliards d’euros d’investissements au sein des différentes filières, sans compter la modernisation des abattoirs et des industries de transformation. « On ne demande pas d’argent, on demande à être allégés sur les règles et normes », a déclaré Jean-Michel Schaeffer, président de l’interprofession volailles. Les milliards, « ce sont les éleveurs qui vont les investir en empruntant ».
Le plan a été présenté au Salon de l’agriculture à la veille d’un point d’étape par la ministre de l’agriculture Annie Genevard sur les conférences de la souveraineté alimentaire, lancées en grande pompe en décembre pour « réarmer » la France face à « la guerre agricole » qui « se prépare ».
« On a des problématiques communes » sur la reprise de bâtiment d’élevage et la création de nouvelles exploitations, a déclaré devant la presse le président de l’interprofession porcine Philippe Bizien, entouré de ses homologues des volailles, des œufs et du foie gras. La France, premier pays agricole d’Europe, a vu son excédent commercial alimentaire se réduire à 200 millions d’euros en 2025, « un plus bas niveau historique » jamais vu depuis au moins 25 ans.
Les filières ont été sollicitées par le ministère pour établir des plans à dix ans afin d’assurer une production qui se rapproche au maximum des niveaux de consommation. Elles partent du constat que la consommation intérieure d’œufs et de poulets augmente plus vite que la production, touchée ces dernières années par la grippe aviaire, tandis qu’elle s’est reprise ces dernières années pour le porc et le foie gras.
« Nous permettre de construire de nouveaux bâtiments »
La filière volailles a besoin de 220 nouveaux poulaillers de 1 500 m2 par an (environ 24 000 poulets par bâtiment) nécessitant 2,8 milliards d’investissement et de 60 nouveaux poulaillers Label Rouge de 400m2 par an. Soit 2 800 nouveaux bâtiments au total d’ici à 2035. La filière poules pondeuses voudrait 575 nouveaux poulaillers d’ici 2035, soit près de 60 par an, pour 1,1 milliard d’euros d’investissement.
La filière porcine souhaite 100 créations ou reprises d’élevages existants par an pour un investissement de 5 milliards d’euros au total. L’interprofession dédiée aux lapins a besoin de 30 créations ou reprises par an, soit 300 d’ici 2035 pour 300 millions d’euros. Et le foie gras de 55 créations d’ateliers d’ici 2035 et de 100 reprises par an pour 250 millions d’euros.
« Il faut nous permettre de construire de nouveaux bâtiments très vite », a souligné Yves-Marie Baudet (interprofession des œufs). Pour les aider, les filières demandent notamment au gouvernement un régime d’autorisation environnementale spécifique à l’élevage, distinct des bâtiments industriels. Un article de loi a été voté en ce sens au Sénat la semaine dernière.
Elles demandent aussi l’exclusion des viandes blanches de la directive européenne sur les émissions industrielles. Cette demande d’exclusion inquiète les ONG, qui craignent que cela ne favorise l’élevage intensif. Les filières réitèrent aussi leur demande d’afficher l’origine sur tous les produits, y compris dans la restauration.