L’UE dénonce les surtaxes chinoises sur ses produits laitiers
AFP le 13/02/2026 à 14:30
L'Union européenne a dénoncé vendredi les nouveaux droits de douane imposés par la Chine sur certains de ses produits laitiers, à l'issue d'une enquête antisubventions, bien que leur niveau ait été nettement réduit par Pékin.
Même si ces surtaxes douanières ont été « substantiellement abaissées » par la Chine, par rapport aux taux provisoires qu’elle avait annoncés fin décembre, « nous considérons que ces mesures sont injustifiées et infondées », a déclaré Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne.
Après avoir instauré des droits de douane « provisoires » de 21,9 % à 42,7 %, entrés en vigueur en décembre, la Chine a annoncé jeudi qu’elle allait finalement les réduire et imposer des surtaxes comprises entre 7,4 % à 11,7 %. Cela concerne toute une série de produits, notamment les fromages frais et transformés, les fromages bleus ainsi que certains laits et crèmes. Ces droits de douane sont appliqués à partir de vendredi pour une durée de cinq ans.
Pékin a pris cette décision à l’issue d’une enquête antisubventions lancée en août 2024. Les Européens voient dans cette procédure une forme de mesure de rétorsion, car elle avait été décidée au lendemain de l’annonce par l’UE de sa décision d’imposer des droits de douane élevés sur les véhicules électriques fabriqués en Chine.
« Nous restons persuadés que cette enquête n’aurait jamais dû avoir lieu », a réaffirmé le porte-parole de la Commission, ajoutant que l’exécutif européen était déterminé « à défendre les intérêts légitimes de nos secteurs laitiers, dans le respect des règles du commerce internationale ». « Nous allons étudier les options à notre disposition, y compris la possibilité d’une action dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce », a-t-il ajouté.
La France a pour sa part jugé vendredi « insuffisante » la baisse des droits de douane annoncée par la Chine, le gouvernement estimant qu’ils « demeurent pénalisants pour nos producteurs et pour la compétitivité de nos exportations sur un marché stratégique ».
Les relations commerciales entre l’UE et la Chine sont sous tension depuis 2024. Après le bras de fer sur l’automobile, Pékin a également ciblé les importations de cognac et autres brandys européens. L’UE reproche aussi à la Chine d’entretenir à coup de subventions d’énormes surcapacités dans la production d’acier, qui mettent en péril l’industrie européenne.