Les départements alpins exhortent Sébastien Lecornu à autoriser à tuer plus de loups
AFP le 11/02/2026 à 09:30
Les huit départements alpins et pré-alpins ont exhorté mardi le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et son gouvernement à relever « significativement » le quota autorisé d'abattage du loup pour sauver la filière de l'élevage menacée selon eux par la multiplication des attaques de troupeaux.
Pour l’heure, la loi autorise le « prélèvement » de loups à 19 % de la population lupine dans tout le pays, établie par les autorités en 2025 à 1 082 individus. Un nombre largement sous-estimé selon ces collectivités territoriales et les syndicats d’éleveurs. « Nous vous demandons instamment de valider le principe d’un prélèvement significatif dès 2026 à hauteur de 30 % », écrivent, dans une lettre à M. Lecornu les présidents des Conseil départementaux de la Drôme, de l’Isère, de la Savoie, de la Haute-Savoie, des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes et du Vaucluse. Ce qui ferait passer pour 2026 le nombre autorisé de 205 loups tués en France à 325.
L’immense majorité de la population lupine se concentre dans l’arc alpin, où sont répertoriés plus de 80 % des attaques de troupeaux en France. Les filières du pastoralisme et de l’élevage, ovin et caprin essentiellement visés par les prédateurs, « sont confrontées depuis plusieurs années à une menace considérable, voire existentielle : la multiplication des attaques de loups », plaident les départements alpins.
« Ce fléau impacte durement nos troupeaux et engendre une vraie détresse morale et psychologique parmi les bergers », s’émeuvent les élus qui réitèrent une demande formulée de manière récurrente depuis 2023 mais restée sans réponse de la part des gouvernements successifs.
« Loin de nous l’idée de vouloir préparer l’extinction de l’espèce lupine sur notre sol ! », plaident les départements, mais simplement de « tirer les conséquences » du déclassement récent du loup par l’Union européenne, d’« espèce strictement protégée » à « espèce protégée ».
Grâce à ce déclassement, le gouvernement a prévu pour 2026, dans les zones les plus exposées à la prédation, un assouplissement des conditions de « tirs de défense », avec notamment la suppression d’un régime d’autorisation préalable au profit d’un système déclaratif après coup en préfecture.
Mais, au grand dam des éleveurs en colère, le gouvernement n’avait pas prévu de relever le quota de 19 % avant, sous pression des syndicats agricoles, d’annoncer le 10 janvier qu’il passera à 21 % en 2026, soit 22 loups de plus. Insuffisant avaient tonné les syndicats. Le sujet est incandescent, entre éleveurs et organisations de protection de la nature et de la faune.