La Confédération paysanne va porter plainte après des gardes à vue jugées « abusives »


AFP le 10/02/2026 à 17:30

La Confédération paysanne a annoncé mardi qu'elle allait porter plainte pour « atteinte aux libertés syndicales », dénonçant des gardes à vue jugées « abusives » de ses militants après une brève intrusion dans une annexe du ministère de l'agriculture.

Le syndicat va « prochainement » déposer « une cinquantaine de plaintes contre X », notamment pour « entrave à l’exercice d’une liberté fondamentale », en l’occurrence la liberté syndicale, et pour « atteinte arbitraire à la liberté individuelle », a indiqué à l’AFP Me Marie Geoffroy, une des avocates de la Confédération paysanne. Le syndicat conteste également la durée de la privation de liberté, d’environ « 20 heures ».

Le 14 janvier dernier, 52 agriculteurs, militants de la Confédération paysanne, avaient été interpellés dans l’enceinte extérieure d’une annexe du ministère de l’agriculture à Paris, où ils étaient venus dénoncer la politique agricole du gouvernement et demandé « la fin de la cogestion insupportable de la FNSEA et du ministère de l’agriculture ».

Les 52 interpellés, placés en garde à vue, avaient été libérés le lendemain sans qu’aucune poursuite n’ait été engagée, malgré la plainte déposée par le ministère.

« Restrictions des libertés »

« Seuls des autocollants ont été constatés dans les locaux dans lesquels les personnes avaient pénétré. L’exploitation des vidéosurveillances a permis de voir un groupe de personnes munies de banderoles et cartons occuper l’entrée et le sas d’une annexe, sans commission de violences ni de dégradation », avait relaté le parquet contacté par l’AFP.

La Confédération paysanne dénonce depuis des semaines une « répression démesurée » à son encontre, alors que même la remuante Coordination rurale, entrée illégalement en tracteurs dans Paris début janvier, n’avait pas été inquiétée par les forces de l’ordre.

Le syndicat, qui indique avoir « saisi la Défenseure des droits », affirme que ses plaintes s’inscrivent « dans la continuité » de celle déposée mi-janvier auprès d’experts du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Le 26 janvier, trois rapporteurs de l’ONU avaient dénoncé la « criminalisation croissante » des mouvements paysans en France, s’inquiétant de la « restriction disproportionnée des libertés fondamentales ».

« L’arrestation de porte-parole nationaux et de dirigeants paysans internationaux pour des actes symboliques de désobéissance civile est un signal inquiétant qui menace le droit des paysans à exprimer leurs griefs sans crainte d’intimidation ou de représailles », avaient estimé ces rapporteurs mandatés par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU mais qui ne s’expriment pas au nom de l’organisation.