La FNB veut un plan pour « ne plus perdre aucune vache »
TNC le 27/01/2026 à 14:58
Si l’année 2025 a permis à la filière allaitante de retrouver des prix rémunérateurs, la décapitalisation se poursuit, après plusieurs années dans le rouge pour les éleveurs. A l’approche de son congrès, la Fédération nationale bovine (FNB) appelle à « un signal extrêmement fort » sur tous les plans, y compris le sanitaire, pour redonner un avenir à l’élevage bovin viande.
En une dizaine d’années, la France a perdu près d’un million de vaches, dont 700 000 allaitantes, rappelle Patrick Bénézit, président de la FNB. En amont de son congrès, qui se tiendra les 4 et 5 février à Cournon-d’Auvergne, sur le site du Sommet de l’élevage, le syndicat entend dresser le bilan des dernières avancées mais également « se projeter sur l’avenir ».
2025 s’est révélée être une « année historique » car pour la première fois, les indicateurs de coût de production mis en place par les lois Egalim ont été dépassés sur toutes les catégories, à l’exception des signes de qualité, salue Patrick Bénézit. « Les lois Egalim ont eu un effet sur le marché intérieur, mais le marché européen a aussi tiré les prix car la décapitalisation est également européenne », poursuit le président de la FNB.
Pérenniser les prix et les échanges
Néanmoins, cette augmentation des prix reste « fragile », estime Patrick Bénézit, or son maintien sera nécessaire pour donner des perspectives à la filière. Elle est aussi trop récente pour avoir mis fin à la décapitalisation. « Beaucoup d’éleveurs sont encore dans le rouge, avoir passé des années en dessous des coûts de production fait que beaucoup d’entre nous continuent à rembourser les trous qu’ils ont creusés, ou sont obligés d’investir sur du matériel vieillissant car ils n’ont pas pu le faire avant », ajoute le président de la FNB.
Pérenniser la filière, c’est aussi rester vigilant sur l’accord entre l’UE et les pays du Mercosur, ajoute-t-il, se félicitant du renvoi de l’accord devant la Cour de justice européenne.
Il faut également rouvrir les frontières à l’exportation, fermées pour les zones touchées par la DNC, alors que le marché « a été extrêmement florissant ». Après l’Italie, qui a accepté une reprise des échanges depuis les zones où 95 % des cheptels sont vaccinés depuis deux mois, l’Espagne et le Kosovo acceptent de nouveau les exports depuis les anciennes zones réglementées (zones vaccinales II).
Donner une ambition à l’élevage
Après le plan élevage mis en place par Marc Fesneau en 2024, et des avancées obtenues sur les plans fiscal ou normatif, d’autres points doivent encore progresser, estime la FNB, qui entend saisir l’occasion du plan de souveraineté lancé par la ministre de l’agriculture. Les éleveurs bovins souhaitent notamment une harmonisation des réglementations sur le bien-être animal à l’échelle européenne, une révision de l’assurance prairie aujourd’hui basée sur un indice qui ne reflète pas la réalité du terrain, une protection plus efficace face à la prédation, et une meilleure anticipation des crises sanitaires.
En 2024-2025, 200 000 veaux n’ont pas pu naître à cause des maladies, plus particulièrement de la FCO, explique Patrick Bénézit. « On a aussi des signaux positifs, qui donnent envie aux éleveurs d’avoir un peu plus de bêtes, malheureusement le contexte sanitaire nous a pénalisés », déplore-t-il. L’Idele estime la poursuite de la décapitalisation à -2,6 % en 2025.
La Pac reste, par ailleurs, un sujet clé pour enrayer la décapitalisation. L’année de l’annonce de la dernière réforme de la Pac (2022), et celle de sa mise en œuvre (2023) ont été marquées par les pertes les plus importantes, explique Patrick Bénézit.
Enfin, alors que 50 % des éleveurs bovins ont aujourd’hui plus de 50 ans, la décapitalisation s’explique aussi par le non-renouvellement de beaucoup d’exploitations, précise Cédric Mandin, secrétaire général de la FNB, qui appelle à un soutien renforcé en faveur de l’installation.