Le président de la Coordination rurale convoqué par la gendarmerie de Limoges


AFP le 24/01/2026 à 16:11
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Un rassemblement de soutien est organisé en parallèle par la section de la Haute-Vienne. (© TNC)

Le président national de la Coordination rurale (CR) Bertrand Venteau, qui fait l'objet d'une enquête pour avoir déclaré vouloir « faire la peau aux écolos » lors du congrès de l'organisation en novembre, est convoqué lundi à 14H30 par la gendarmerie de la Haute-Vienne, a-t-on appris auprès du syndicat agricole.

La CR 87, qui pointe des propos « largement sortis de leur contexte », appelle de son côté à un « large rassemblement de soutien » lundi à 14H00 devant les locaux de la brigade de recherche de Limoges.

« Lors de son élection à la présidence nationale, Bertrand Venteau a exprimé avec détermination la volonté de défendre les intérêts des paysans face à des politiques qu’il juge déconnectées des réalités du terrain », écrit la CR 87 dans un communiqué.

« Dans ce cadre, il dénonçait l’écologie punitive, une approche qui entrave l’activité agricole, fragilise les exploitations et menace l’avenir du monde rural », précise le syndicat agricole, qui appelle « à se mobiliser massivement ».

Nous devons leur faire la peau

Le 19 novembre, Bertrand Venteau avait déclaré, sous les applaudissements: « les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau ».

L’éleveur nouvellement élu et président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne avait étayé son propos en lançant : « Il va falloir sortir et combattre les écolos, en les attaquant en justice. Nous devons les combattre (…) Ceux qui veulent notre mort sont partout, nous devons les combattre au quotidien, dans les départements, les régions, jusqu’au ministère ».

Destinataire de nombreuses plaintes d’élus et associations écologistes, le parquet d’Auch avait ouvert quelques jours plus tard une enquête du chef de « provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait condamné « la violence » de cette déclaration, la jugeant « profondément choquante et inacceptable ».

Bertrand Venteau, partisan d’une ligne dure sur le modèle des actions coups de poing de la Coordination rurale du Lot-et-Garonne, avait assumé sa sortie : « Je ne regrette rien du tout. Si je suis convoqué, j’irai, je n’ai pas de problème avec ça », a-t-il dit fin novembre au micro d’Ici Limousin.