Viticulture : lancement début février du dispositif d’aide à l’arrachage


AFP le 23/01/2026 à 17:15

Les viticulteurs souhaitant, face à la crise du secteur, arracher leurs vignes, auront quatre semaines pour déposer leur demande d'aide financière, à partir du 6 février au plus tard, a indiqué vendredi le président du conseil « Vin » de FranceAgrimer.

Une enveloppe de 130 millions d’euros avait été annoncée par le gouvernement pour soutenir ce nouveau plan, à raison de 4 000 euros par hectare. La somme a été sanctuarisée, selon les derniers amendements retenus par le gouvernement dans le budget 2026.

« Le dispositif sera ouvert au plus tard le 6 février – et si on peut ouvrir quelques jours avant on le fera -, pour recueillir les candidatures pendant quatre semaines », a dit à l’AFP Jérôme Despey, président du conseil spécialisé « Vin » de l’établissement public FranceAgrimer. L’objectif est de démarrer les opérations le plus rapidement possible « pour éviter de perdre une année ».

La viticulture connaît une crise structurelle liée notamment au réchauffement climatique et à de nouvelles préférences de consommation. Un désarroi accentué en 2025 par la bataille menée par Donald Trump à coups de droits de douane et un épisode de sécheresse et canicule sévères dans le Sud-Ouest.

Pourront prétendre en priorité à ce plan les viticulteurs prévoyant de cesser leur activité. Pourront aussi faire acte de candidature ceux qui souhaitent arracher leurs parcelles partiellement, à condition qu’elles aient plus de 10 ans et ne soient pas en cépage chardonnay.

Le chardonnay, caractéristique de la Bourgogne et en Champagne, est en effet vu comme répondant bien à la demande actuelle, explique M. Despey.

L’arrachage partiel « est là pour essayer d’adapter un vignoble aux attentes des marchés. Aujourd’hui, aller sur des marchés plus porteurs, travailler sur la désalcoolisation, des vins plus frais… c’est un élément très important », dit-il.

Pour ce qui est de l’arrachage total, « c’est un crève-coeur. Mais pour certains, c’est aussi ce qui peut permettre de rebondir, pour aller sur d’autres cultures, travailler à une réorientation professionnelle… pour ne pas les laisser ces vignerons dans le désarroi ».

Lors d’une enquête réalisée en 2025, 18 % des surfaces potentiellement candidates visaient un arrachage total et le mouvement concernait pour beaucoup le Sud-Ouest et le Languedoc, très affectés par la crise. Le précédent plan d’arrachage datait seulement de 2024 et avait représenté 110 millions d’euros.

Chaque opération nécessite une approbation de Bruxelles, mais M. Despey est confiant, le « paquet vin » de l’UE, qui contient cette possibilité, ayant été validé en « trilogue » entre institutions européennes.