Le HCC préconise un plan d’adaptation agricole au changement climatique
AFP le 21/01/2026 à 13:16
Le président du Haut conseil pour le climat (HCC) a plaidé mercredi pour un « plan d'adaptation » du secteur agricole au changement climatique qui « soit très important », estimant qu'une grande part des crises traversées par le secteur étaient liées à cette problématique.
« Aujourd’hui, le budget du ministère de l’agriculture et de l’alimentation est consacré très largement à la gestion des crises », qui sont liées au changement climatique « pour une grande part », a déclaré Jean-François Soussana, devant la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale.
Il a prôné « des mesures beaucoup plus structurelles » pour permettre aux agriculteurs « de sortir de cette situation où on est toujours d’une urgence à l’autre et où finalement on joue au pompier, mais on n’a pas la capacité d’anticiper et de s’adapter de manière structurelle ». « Il faudrait vraiment avoir un plan d’adaptation au changement climatique qui soit très important » pour répondre à un besoin « énorme », a-t-il jugé.
Le HCC est un organisme indépendant, installé en 2018 par le président Emmanuel Macron, composé d’une douzaine d’experts dans plusieurs disciplines, chargés d’évaluer l’action climatique du gouvernement et d’émettre des recommandations.
Des « impacts massifs » pour le secteur agricole
Jean-François Soussana, ingénieur agronome de formation, a mentionné des « impacts massifs » pour le secteur agricole liés aux sécheresses, inondations et aux gels, qui « touchent une végétation beaucoup plus sensible » en raison de son développement précoce en hiver avec des températures plus douces en moyenne.
Il a par ailleurs alerté sur « une tension croissante entre la quantité d’eau qui est réellement utilisable », en recul avec le réchauffement, et des « besoins (qui) vont s’accentuer, y compris pour l’irrigation ».
Enfin, il a souligné le développement de maladies favorisées par le changement climatique, comme la maladie hémorragique épizootique, la fièvre catarrhale ovine ou la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), dont la gestion par le gouvernement a récemment provoqué la colère d’une partie du monde agricole.
« Avant tout, c’est possible parce qu’il y a des hivers très doux », a observé Jean-François Soussana, avec par exemple les insectes qui transmettent la DNC qui « survivent parce que les hivers sont doux » et « pullulent ». Cette maladie est apparue pour la première fois en France en juin 2025.