Nouvelle probable attaque de loup en Haute-Marne, un éleveur perd 26 agneaux
AFP le 15/01/2026 à 09:30
Six agneaux sont morts et vingt autres ont dû être euthanasiés après une probable nouvelle attaque de loup dans la nuit de dimanche à lundi en Haute-Marne, où ces prédations ont explosé en 2025.
Après cette nouvelle attaque, la quinzième qu’il a subie en un an selon lui, Louis-Baptiste Brutel, 30 ans, a même décidé d’arrêter son activité d’éleveur, qu’il exerçait depuis 2019. « Je ne vais pas me battre toute ma vie, j’arrête. Je ne veux surtout plus d’élevage. Je suis dégoûté » à cause de ces attaques à répétition, a-t-il confié mercredi à l’AFP.
L’Office français de la biodiversité (OFB) s’est rendu mardi sur place pour faire des prélèvements et constater les dégâts, a-t-il précisé. L’attaque s’est produite dans une parcelle où paissaient 140 agneaux à Bassoncourt, près de Sarrey, où un troupeau appartenant à un autre éleveur avait déjà été décimé à Noël. Une vingtaine de brebis avaient alors été tuées ou euthanasiées en raison de leurs blessures.
Une centaine d’agriculteurs avaient manifesté début janvier à Chaumont pour dénoncer la multiplication des attaques de loups en Haute-Marne et réclamer une plus grande régulation de l’espèce par l’Etat. En 2025, plus de 190 attaques ont été constatées en Haute-Marne, causant plus de 800 victimes dans des troupeaux, contre 22 attaques et 60 victimes en 2024, selon la préfecture.
Cette forte augmentation est notamment due à l’arrivée de sept louveteaux dans le département l’an dernier.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi aux agriculteurs qu’il présenterait en mars un projet de loi d’urgence sur la prédation du loup, la politique de l’eau et les moyens de production, censé être examiné par le Parlement « avant l’été ».
La ministre de l’agriculture Annie Genevard a aussi annoncé en fin de semaine dernière que le nombre de loups pouvant légalement être tués chaque année allait augmenter et que les conditions d’accès au tir allaient être simplifiées.
Des annonces « insuffisantes » pour Thomas Millot, président du syndicat agricole des Jeunes agriculteurs (JA) de la Haute-Marne, qui continue à demander des tirs de prélèvement « efficaces » contre le loup, réalisés par des agents professionnels.
Des agriculteurs de la Haute-Marne doivent être reçus mardi prochain à Paris par le cabinet de Mme Genevard pour parler du dossier loup, selon Thomas Millot.