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Direction de la FAO

Trois candidats avec l’ambition de nourrir le monde


AFP le 21/06/2019 à 11:16

Un Chinois, un Georgien et une Française : deux hommes et, pour la première fois, une femme briguent la direction de l'Agence des nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, chargée d'éradiquer la faim dans le monde.

L’élection pour déterminer le nom de la personne qui succédera pour quatre ans au Brésilien José Graziano da Silva se tiendra au siège de l’organisation à Rome durant la 41e conférence de la FAO qui réunit 194 pays membres. Alors que la faim dans le monde est repartie à la hausse depuis trois ans sous l’effet conjugué du réchauffement climatique et des conflits, notamment en Afrique et au Moyen-Orient, la tâche du futur dirigeant sera plus que jamais d’encourager l’agriculture et la pêche, dans le but de nourrir de façon durable la population mondiale qui devrait grimper à 9,7 milliards de personnes en 2050 contre 7,7 milliards aujourd’hui, selon l’Onu. La compétition a pris un tour particulièrement serré après le retrait le 14 juin du candidat indien Ramesh Chand, qui a suivi celui du Camerounais, Médi Moungui, le 21 mars.

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Si la FAO est critiquée « depuis des années », pour ses résultats et son management, l’alimentation et l’agriculture sont des sujets « qui recouvrent de forts enjeux pour les pays avancés comme pour ceux en développement : sécurité alimentaire, développement agricole, mais aussi agro-business, commerce, biotechnologies, ou encore de façon croissante climat et environnement », souligne à l’AFP Manuel Lafont Rapnouil, du Conseil européen des relations internationales (ECFR). Les trois candidats sont extrêmement au fait de la carte alimentaire mondiale. Pékin a présenté la candidature de son vice-ministre de l’agriculture, Qu Dongyu, 55 ans, qui fait figure de favori, aux côtés de la candidate française, pour de nombreux analystes.

« Je connais la faim personnellement », a affirmé le candidat géorgien

La Chine « a fait le forcing pour obtenir plus de postes à responsabilité » au sein des agences de l’Onu au cours des dernières années, souligne à l’AFP Richard Gowan, analyste au CrisisGroup, un centre d’analyse non gouvernemental sur les affaires internationales, basé à Bruxelles. Pékin, aux prises avec une terrible épidémie de peste porcine qui décime son cheptel, et une guerre commerciale avec Washington qui oblige le pays à se ravitailler ailleurs en céréales et soja, a placé l’alimentation au sommet de ses priorités, comme l’a rappelé le gouvernement chinois dans sa lettre de candidature, dont l’AFP a obtenu copie. Le candidat chinois, biologiste de formation, a travaillé pendant 30 ans dans le secteur agricole et alimentaire, le développement des technologies numériques dans l’agriculture, et en zone rurale, où il a aussi introduit le micro-crédit.

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Pour éradiquer la faim, le candidat georgien, Davit Kirvalidze, ancien ministre de l’agriculture dans son pays de 2000 à 2004, met surtout en avant le « rôle du secteur privé  afin de « produire plus et mieux », a-t-il dit à l’AFP lors d’un entretien téléphonique. M. Kirvalidze fait valoir que les petits agriculteurs familiaux doivent avoir « accès au marché », et estime que la FAO doit agir comme un « agent » du changement pour lancer des politiques de partenariat « public-privé » afin d’y parvenir rapidement. « Je connais la faim personnellement, et c’est ce qui m’a amené à l’agriculture », a-t-il dit lors de son audition devant la FAO en encourageant « la lutte contre le gaspillage alimentaire », les « investissements dans les communautés rurales » et la « numérisation » de l’agriculture. Il a aussi insisté sur le besoin « d’honnêteté et de transparence » et souligné que s’il est élu, son mandat sera marqué par « une transparence jamais atteinte » dans le fonctionnement de l’organisation.

La candidate française à la direction de la FAO Catherine Geslain-Lanéelle, ancienne dirigeante de l’Agence européenne de sécurité alimentaire Efsa a aussi passé toute sa carrière dans les secteurs agricole et agroalimentaire au plus haut niveau en France. Soutenue par les 27 autres pays de l’Union européenne, elle souhaite proposer « des solutions intégrées » aux gouvernements pour mener leurs politiques agricoles et alimentaires. Elle souhaite que l’agence aide à « produire plus et mieux », à « réduire le gaspillage », « développer les chaînes de valeur autour de l’agriculture, de la pêche et de la forêt », c’est-à-dire le stockage, la transformation et la distribution des aliments, notamment dans les pays en voie de développement, afin de « développer les emplois », notamment pour les jeunes, dans les milieux ruraux.