Agriculture biologique

Possible décision jeudi sur le recours aux serres chauffées


AFP le 09/07/2019 à 10:36
(Interfel)

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Un comité national de l'agriculture biologique, qui doit se réunir jeudi, doit se prononcer théoriquement sur la question du recours aux serres chauffées, mais la décision pourrait être reportée, faute de consensus.

Les acteurs historiques de l’agriculture bio sont opposés à la volonté de certains producteurs de fruits et légumes « d’industrialiser » la filière en chauffant les cultures sous serre, alors que ces derniers mettent en avant la demande toujours plus forte du consommateur. Signe d’une issue incertaine, les deux camps ont poursuivi leur campagne, ces derniers jours. Prônant une « tomate bio française dès le printemps », les partisans des serres chauffées, au premier rang desquels la FNSEA, les chambres d’agriculture et les coopératives font valoir que « 78 % de la tomate biologique présente dans les circuits longs de distribution en France est importée ».

Ils se défendent de vouloir produire des tomates bio en hiver ou de discréditer le label bio mais s’opposent notamment aux « distorsions de concurrence » au sein de l’Europe, qui pourraient résulter d’une interprétation de la réglementation européenne interdisant l’usage des serres chauffées en agriculture biologique. Cette pratique culturale « préventive », font-ils valoir, « permet d’utiliser moins de pesticides, dont le cuivre et d’augmenter l’efficacité du biocontrôle (insectes auxiliaires).

Un bilan carbone catastrophique

Outre leur opposition à la production de fruits et légumes hors saison, la Fédération nationale des agriculteurs biologiques (FNAB) pointe de son côté le bilan carbone des serres chauffées. « Autoriser la vente de tomates bio dès le premier jour du printemps revient à autoriser de chauffer les serres bio pendant tout l’hiver à plus de 20 degrés, l’équivalent de 200 000 à 250 000 tonnes de fioul par hectare », a déclaré Jean-Paul Gabillard, maraîcher et secrétaire national légumes à la Fnab. La décision pourrait cependant être reportée, « faute de consensus », selon Florent Guhl, directeur général de l’Agence bio, agence française chargée de développer ce type d’agriculture.

Un avis que ne partage pas la Fnab. Au sein du comité national de l’agriculture biologique, selon elle, les partisans et les adversaires des serres chauffées compteront un nombre de voix égal, si la décision est mise au vote. « Ce qui va faire pencher la balance, c’est clairement les voix de l’administration, les voix du ministre », au nombre de quatre, selon la Fnab. À titre personnel, le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, ancien président du premier département bio de France, la Drôme, dit son opposition aux serres chauffées, le 18 juin, pour « respecter les rythmes biologiques ».